LE

LE GÉNÉRAL À VENDRE

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| 21 Mai 2024 | 348 vues

Attaque du chant après 1.2.3

Tonalité : Do mineur (C minor)

Note de départ : Do (C)

Cadence : 104 pas/mn

 

 

De bon matin, je m’suis le, c’était dimanche2.1

A la carriole j’ai atte la jument blanche2.1

Pour m’en aller au marché dans le chef-lieu du com,

Parait qu’y avait des néraux à vendre.

 

Mais le soleil écrasait tant la route blanche2.1

La jument s’arrêtait si souvent sous les branches2.1

Que lorsque je fus rendu, on n’m’avait pas attendu,

Et tous les raux étaient vendus(1)

 

Pourtant là-bas tout au fond du champs de foire, 1

Par un coup d’chance il en restait encore un1

Il n’était pas couvert de gloire,

Mais avec un peu d’Ripolin,

Il pouvait faire encore très bien(1)

 

J’l’ai échan contre un cageot de pommes pas mures2.1

Quatre choux-fleurs et une tartine de confiture2.1

Tout ça pour un général,

C’était vraiment pas trop mal,

Et puis je l’ai chargé dans la voiture.

 

À la maison on m’a fait des reproches amers2.1

Encore une fois, paraît que j’m’étais laissé faire2.1

Un général dans c’t’état

Ça valait beaucoup moins qu’ça,

Mais puisque c’était fait tant pis pour moi, (2.1)

Et puis les gosses ont eu peur de sa moustache, 1

Elle était rousse et ça les faisaient pleurer(2).1

On lui a coupé d’un co,

Mais l’chien s’est mis à aboyer,

Alors on a lais l’autre moitié(2.1)

 

Y fichait rien pour pas salir son beau costume(2.1)

De temps en temps, il épluchait quelques légumes2.1

Ou réparait l’escabeau, ou débouchait l’lavabo,

Mais y n’savait même pas jouer du piano(2.1)

 

(très lent)

Pourtant, certains soirs, certains soirs d’é,

Le néral (1) s’asseyait sur la paille, 1.2

Les yeux perdus (2) dans l’immensi,

Il nous racontait (vif) ses batailles(arrêt)

 

(tempo 1)

Il nous parlait des Dardanelles

Quand il n’était que colonel,

Et de la campagne d’Orient

Quand il n’était que commandant

L’épopée napoléonienne

Quand il n’était que capitaine,

Et puis la guerre de Cent Ans

Quand il n’était que lieutenant,

Les croisades et Pépin Le Bref

Quand il n’était que sergent chef,

Et les éphants d’Annibal

Quand il n’était que caporal,

Les Thermopyles, Léonidas

Quand il n’était que deuxième classe,

Et Ramsès Deux, la Première Guerre

Quand sa mère était cantinière.

(très lent)

Et le général jusqu’au p’tit matin,

roulait le fil (1) de son immense histoire, (1)

Puis il s’endormait sur sa bott’ de foin,

Et nous sans parler nous vions de gloire.

 

(Tempo 1)

Il est res comme ça chez nous jusqu’à l’automne2.1

Sans travailler sans trouver la vie monotone2.1

Ça nous a même étonnés, d’apprendre par le cu,

Qu’il avait fait deux jumeaux à la bonne.

 

Et puis voi qu’ par un beau matin de décembre2.1

Il est entré sans même frapper dans ma chambre2.1

Il v’nait de lire dans l’journal

Qu’on le nommait maréchal,

Alors il nous quittait, c’était fatal2.1

 

Je l’ai r’conduit en carriole jusqu’à la ville, 1

On m’a rendu mes choux-fleurs et mes cageots(2).1

Et sans émotions inutiles,

Sans pleurs et sans se dire un mot,

On s’est quit en vrairos(2.1)

 

À la maison la vie a r’pris son aventure2.1

Y a plus personne pour nous chiper les confitures2.1

Le général au bistrot avait plan un drapeau :

Pour la Patrie, j’ai payé la facture.

 

Je ne suis plus jamais retourné au marché2.1

Mais quelquefois dans le ciel de la nuit d’é2.1

(en ralentissant)

On voit briller cinq étoiles et ça nous fait un peut mal,

Ô n'achetez jamais un général2.1

 : 104 pas/mn