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Noël, mère de toutes les fêtes, fête pour tous les hommes

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| 11 Janvier 2011 | 18716 vues
Editorial du COM.LE du Képi blanc N° 728

Fête de tradition à la Légion étrangère

Moments précieux de camaraderie dont nos anciens ont très tôt dans notre histoire identifi é le besoin. C’est l’instant de l’année où nos hommes déracinés, expatriés, ressentent avec le plus d’acuité et de nostalgie l’extrême exigence de leur état de légionnaire : ils pensent à leur passé, à leur enfance, à leurs proches, à cette vie qu’ils ont laissé derrière eux... La tradition a compris qu’il fallait canaliser cette émotion, l’accompagner, la faire vivre. Elle a su imaginer les manifestations cultuelles et culturelles à mettre en place pour laisser s’exprimer le trop-plein de sentiments que nos légionnaires savent d’ordinaire si bien contenir. Les crèches, symbole de la famille parfois bien éloignée et la participation à l’offi ce religieux pour ceux qui croient au Christ en sont les éléments les plus visibles.

Fête de la famille légionnaire

Occasion unique de resserrer les liens de notre communauté. On cesse l’espace de quelques jours de parler d’institution ou de force combattante pour se concentrer sur la notion de famille,
pour privilégier la solidarité, la fraternité, l’accueil, l’intégration...
Ce sont les moments où les différences de grades s’estompent, où les origines, la race, la nationalité ne comptent plus. On établit des contacts moins formels, on recueille quelques confi dences, on évoque ses joies et ses peines, ses aspirations et ses regrets. On échange des cadeaux. On se frotte les uns aux autres sur les terrains de sport. On visite les unités voisines et on rencontre des camarades inconnus au cours de la nuit... Chacun comprend mieux la richesse de notre famille, sa capacité à créer de la cohésion et de l’harmonie. Chacun se sent un peu
plus le membre unique et considéré d’une communauté vivante.

Fête tout court

Opportunité offerte de créer de la joie et de partager du plaisir. En s’amusant lors de la veillée, en échangeant quelques verres, en plaisantant autour de la table dressée, en assistant aux sketches, en riant ensemble de nos mésaventures, en se moquant avec tact des travers des uns et des autres, en reprenant en choeur nos chants de traditions, c’est un climat de joie simple qui se crée. Cette décontraction, cette sérénité retrouvée, cette ambiance festive permettent de donner du liant à notre vie de communauté et d’oublier les tracasseries du service.

Fête d’humanité et d’espérance

Moment de recueillement qui donne du sens à notre engagement. C’est une atmosphère apaisée dont il faut savoir profi ter pour laisser notre coeur s’exprimer ; ce sont des instants de répit dans
une vie trépidante. C’est un temps pour évacuer la fureur guerrière de nos opérations et la rudesse de notre entraînement, pour réfl échir à notre vocation profonde de soldats : celle de bâtisseurs de paix dont le rôle fondamental est de contribuer, par la force si nécessaire, à
l’établissement d’un monde meilleur. C’est l’espoir tout simple que notre action s’inscrit de manière positive dans la construction d’une humanité plus belle, moins violente, plus digne, plus libre, plus respectueuse de l’homme. C’est la certitude que nos morts ne sont pas tombés pour rien au champ d’honneur. C’est croire à l’amour dont l’Enfant Jésus est pour une bonne partie d’entre nous le vivant symbole.

Je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noël à tous.