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«En vadrouille à Calvi avec les légionnaires» par Henri De Lestapis

Installés depuis cinquante ans au camp Raffalli, les hommes du 2e REP sont devenus des figures emblématiques de la ville. L’entraînement terminé, c’est l’heure de la relâche.

Par Henri De Lestapis | Publié le 05 octobre 2017 | VSD

 

Comme une rascasse échappée du chalut, le légionnaire italien Paolo frétille : avec une dizaine de ses camarades, il sort enfin de l’enceinte du camp Raffalli. Jeune incorporé du 2e Régiment étranger parachutiste, il vient d’y passer deux semaines cloîtré, pour apprendre l’art du saut en parachute, à 400 mètres d’altitude. Sept bonds dans le vide et quelques bosses plus tard, le voici breveté. Alors, ce soir, c’est la fiesta. Il va déambuler dans les ruelles de Calvi, képi blanc sur la tête et insigne de para crânement épinglé sur la chemisette de son uniforme. «Le plus dur, ce sont les quatre mois de formation initiale à Castelnaudary. Ensuite, l’affectation au REP, c’est la consécration», sourit le soldat. À vrai dire, il ne va pas trop faire le mariole durant cette courte permission. Le petit groupe est encore chaperonné par son instructeur. Un sergent-chef allemand, sec et nerveux. «Une fois les jeunes brevetés, nous sortons tous ensemble à Calvi. On dîne, puis on fait la fête. C’est la tradition. Le major de la formation a même droit à un petit cadeau de la part de ses camarades», confie-t-il avec un clin d’oeil. À voir les créatures qui ondulent lascivement dans le bar où le petit groupe finit par atterrir, et leur promptitude à tomber amoureuses des képis blancs, on envisage la nature du « cadeau».

 

© Jérémy Lempin pour VSD - Affectées au régiment après quatre mois de formation initiale et deux semaines d’apprentissage du parachutisme, les jeunes recrues trouvent enfin l’occasion de sortir pour écorner leur première solde.

La bière coule et la sortie se prolonge dans une ambiance bon enfant, jusqu’à une heure avancée. Pas de baston avec les Calvais ni de beuglements dans les rues. Le mythe du militaire ivrogne paraît bien surfait. On se plaît à imaginer que la vigilance de la patrouille de la légion étrangère (PLE) y est pour quelque chose. Il s’agit d’un simple groupe de trois soldats, qui veillent au comportement décent de leurs compagnons d’armes. Ils ont leurs quartiers en dehors du régiment, sur les hauteurs de la citadelle. De ce perchoir fortifié, ils descendent pour patrouiller à pied, dans la ville. L’adjudant-chef Christian est à leur tête. Avec ses paluches de bûcheron et sa carrure de char Leclerc, on préfère être de ses amis au cas où la situation dégénérerait. «Bien sûr, il suffirait de trois légionnaires énervés pour plier un bar, susurre-t-il. Alors les restaurateurs de la ville ont notre numéro. S’il y a un problème, ils nous appellent. Cela permet de nous arranger entre nous, sans déranger la gendarmerie. Mais ça n’est pas arrivé depuis au moins dix ans.»

 

© Jérémy Lempin pour VSD - « Il était mince, il était beau, il sentait bon le sable chaud. » Les légionnaires se prêtent de bon coeur au jeu des selfies avec les touristes.

Pourtant, lorsque le 2e REP a débarqué, en 1967, l’ambiance était un tantinet plus explosive. Le régiment arrivait alors de son camp de Bou Sfer, en Algérie. Il fallait bien à ces mille cinq cents soldats l’accueillante baie de Calvi pour les consoler de leur adieu à l’Oranais. Mais la forte trempe du caractère légionnaire s’est heurtée au tempérament insulaire. «Pour les Corses, un régiment créé en 1948 en Indochine, que l’on installait sur leur île, ça avait un peu des relents de colonisation, s’amuse l’adjudant-chef Jean. Et les histoires de filles n’ont rien arrangé.»Mais lorsque deux adversaires s’estiment, ils finissent par se serrer la main et deviennent les meilleurs amis du monde. «Nous avons le même attachement à la mémoire et à la tradition que les Calvais. Nous partageons des valeurs communes. Nous ne pouvions que nous entendre.»

Aujourd’hui, le REP a intégré le paysage. De nombreux anciens se sont installés sur l’île, y ont trouvé un emploi et fondé une famille. Les Calvais ne s’imaginent plus vivre sans leur régiment. Sur la plaque de marbre du monument aux morts, les noms des derniers légionnaires tombés au Mali sont inscrits à côté de patronymes corses. «Ceux qui tombent au combat sont Calvais pour l’éternité», salue Ange Santini, le maire de la ville. Calvi a aussi adopté les fêtes traditionnelles de la légion : «Nous connaissons tous la fête de Camerone et la Saint- Michel, fête des paras,confirme Serge Haller, directeur d’un supermarché local. Des écoles jusqu’à la mairie, en passant par les commerces, tout le monde est unanime : si le REP quittait la ville, ce serait une catastrophe pour l’économie.»

 

© Jérémy Lempin pour VSD - La tradition d’une des compagnies du régiment veut qu’à l’occasion du départ d’un de ses cadres, tout le monde se jette dans le port de Calvi. Au 2e REP, on repasse surtout son uniforme pour le panache…

En septembre, le régiment a fêté ses 50 ans de présence sur l’île. L’occasion pour les militaires d’organiser des festivités d’une fantaisie toute soldatesque : un cross de 12 kilomètres avec les enfants de la ville, suivi d’une grande kermesse dans le camp Raffalli. Le public pouvait y trouver des stands de tir à la carabine, des initiations au parachutisme et même un petit parcours commando aménagé pour les enfants revêtus de treillis. Tout cela encadré par des animateurs à grosse voix et gueule carrée, veillant au bon déroulement de la fête avec une paternelle attention. Une façon pudique, pour ces hommes de la légion qui portent toujours en eux le pesant souvenir des combats menés partout sur le globe, d’exprimer simplement la profonde humanité qui les anime.

Par Henri De Lestapis

Crédit photos : Jérémy Lempin pour VSD

Le 3REI entre Harpie et Titan

Formés en forêt et équipés spécialement pour le terrain difficile du CSG, les légionnaires du 3REI de Kourou assurent la protection terrestre de la base depuis Ariane 1, en 1979. Une mission exaltante et rugueuse.

 

 3 REI et Centre Spatial Guyanais : une relation de plus de trente ans

Ils sont presque invisibles, et pourtant indispensables. Si l’on ne les voit pas, ou très peu, les légionnaires du 3e REI veillent depuis trente-huit ans sur les lanceurs qui décollent depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG). En effet, le 3e REI est lié dès son arrivée en Guyane avec le CSG. En 1973, quand les légionnaires arrivent à Kourou depuis Madagascar, qui vient d’obtenir son indépendance, ils participent à des travaux d’aménagement pour le CSG. Puis, en 1979, avec Ariane 1, le régiment est engagé sur la protection de la partie terrestre du CSG. Presque trente ans plus tard, en 2008, la mission du 3e REI a pris officiellement le nom de Titan

Depuis lors, le régiment de Kourou assure la protection terrestre de la base et protège ainsi une « installation prioritaire de défense », le plus haut niveau de classification établi par l'Etat. A chaque lancement, ils sont déployés par dizaines autour des PIV (Points d’importance vitale) afin de veiller sur les installations et le lanceur. Plusieurs heures voire plusieurs jours avant les transferts et les lancements, les compagnies de combat intensifient les contrôles. Elles patrouillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La composante terrestre est la plus importante en termes de volumes et de moyens engagés, en personnels et en matériels, en particulier en termes de véhicules.

La sécurité du CSG est une mission permanente et prioritaire que l’Etat a confiée aux Forces armées de Guyane (FAG). TITAN est devenue une opération interarmées, c’est le commandant supérieur des FAG (COMSUP FAG), qui en coordonne et synchronise les trois composantes : terrestre, aérienne et maritime.  Les effectifs globaux varient en fonction du type de lancement et de la zone à protéger. Ils peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines de personnes.

La protection terrestre est composée de deux volets. Le premier est le contrôle de zone : les légionnaires vont patrouiller, se positionner sur des points d’observation, chercher des indices de passage… Le second volet, ce sont les artilleurs sol-air qui le prennet en compte. Complémentaires du dispositif de la composante aérienne et sous le contrôle d’une haute autorité de défense aérienne, ils sont sur des plateformes en hauteur, disséminées sur le territoire. Ils sont équipés de missiles très courte portée capables de détruire un aéronef qui entrerait à basse ou très basse altitude dans l’espace aérien du CSG.

 

 

Une exceptionnelle adaptation au milieu

Sur ce terrain extrêmement difficile qu’est le territoire du CSG, le 3e REI de Kourou a dû s’adapter : il patrouille en 4X4, en quads, et surtout avec des engins chenillés. C’est le joker pour aller dans tous les milieux. Ces engins  peuvent passer dans les savanes, être immergés dans les marécages impraticables et se déplacer sur la route sans changement de configurationEt, quand ça devient vraiment difficile d’avancer, la Légion étrangère continue à pied. Sur les criques, les patrouilles se font en pirogue ou en kayak. Comme en forêt pour Harpie, l’objectif est de vérifier qu’il n’y a pas de présence humaine, de détecter les anomalies et de pister d’éventuels intrus. Cela ne souffre d’aucune imprécision ni d’à peu près. Si quelqu’un passe, c’est l’échec. Le dispositif a montré toute son efficacité en octobre 2016, quand l’intrusion d’une embarcation dans la zone protégée a provoqué un arrêt de la chronologie et la mise en branle de tout le système d’alerte. Au final, il y a eu une véritable intervention sur une menace qui n’en était pas une. Mais ça a au moins prouvé que le dispositif était cohérent, réactif et crédible.

Pour mener à bien ses missions, en totale synchronisation avec les opérations de lancement, le 3e REI entretient des liens étroits et privilégiés avec le service sûreté-protection (SDP/SP) du CNES, garant de la sécurité intérieure du CSG et interface pour la sécurité extérieure. Ensemble, ils ont déjà commencé à préparer la protection d’Ariane 6. Le jour où la première Ariane 6 sera lancée, le dispositif sera en place et adapté. Vu les perspectives d’avenir du CSG, la collaboration avec le 3e REI ne peut que perdurer voire se renforcer.

 

 

« Fiers de servir »

À 7 000 km de la métropole, les légionnaires sont en mission longue durée (MLD) à Kourou pour une durée de trois ans. Ceux qui sont mutés ici sont volontaires. Ils savent qu’ici, ils auront des missions opérationnelle intéressantes et concrètes. En effet, lorsqu'ils ne sont pas mobilisés sur la protection du CSG, les légionnaires luttent contre l’orpaillage clandestin à l’intérieur de la Guyane, dans le cadre de l’opération HARPIE.Une autre mission importante sur ce territoire aux frontières noyées dans la forêt.

Pour ces cadres et légionnaires qui ont été longtemps déployés sur des opérations extérieures, être engagés sur les opérations Harpie ou Titan, ce n’est pas moins exaltant. Ce n’est pas parce que c’est sur le territoire national que c’est moins important, au contraire. Militairement parlant, chacun y attache exactement le même sérieux. A la Légion étrangère, on ne choisit pas ses missions, on accomplit celle qui nous a été données, sans état d’âme et en étant fiers de servir.

 

Denis Tillinac à la Légion étrangère : conférence sur la spécificité française

Parler de l’âme française devant des légionnaires, devant ces étrangers au service de la France, le pari était tentant. Denis Tillinac l'a tenu en menant une conférence sur la spécificité française.

 

Denis Tillinac a commis une conférence dans les murs de la Légion étrangère. Il avait promis, lorsqu’il était venu à Aubagne pour la commémoration de la bataille de Camerone, qu’il reviendrait se plonger dans ce décor qui avait ensoleillé son imaginaire depuis longtemps. Le fol héroïsme des légionnaires, la liturgie de l’honneur, de la fidélité, de la bravoure ou de l’oubli de soi, tout autant que l’esprit de famille, illustraient pour lui toutes les vertus cardinales qu’il voyait s’effeuiller avec nostalgie dans l’automne d’une civilisation fatiguée. Il était heureux de retrouver tout cela intact dans les rangs de la Légion, parfaitement entretenu, en ordre de marche. Lui qui a encore envie de rêver d’une France un peu idéale, il se trouvait là, calé dans un réel rassurant dans lequel s’animaient ses rêves de grandeur.

Denis Tillinac est donc venu parler de l’âme française, devant les légionnaires de la « Maison Mère », devant ces étrangers au service de la France. Il a parlé d’occident, de culture, d’identité française, de sa déclinaison corrézienne, gasconne ou bretonne, de paysages sculptés, de clocher de village, de notre manière de nous voir et de la façon dont nous sommes perçus. Il nous a parlé d’héritage, d’histoire, de légendes, constitutifs de ce que nous sommes. Il nous a interpellés sur « qu’est-ce que la France ? », ce carrefour faisant se côtoyer méditerranéens et océaniques… pays hexagone aux frontières multiples… pays étoile rayonnant à partir de Paris…

 

 

Dans la grande salle du Château de la Demande du quartier Viènot, le public en treillis camouflé était captivé par ce défilé d’images tumultueuses et valeureuses. Dans la pénombre, Denis Tillinac avait la verve d’un cadet lorsqu’il poursuivait en affirmant, poing sur le pupitre, que la France n’était pas n’importe où ! Qu’elle n’était pas n’importe qui ! Ni fragment d’un tout, ni sortie de la cuisse de Jupiter. Née des noces intimes entre l’église romaine et les rois français, entre le curé et l’instituteur, elle avait quinze siècles d’histoire-géographie autour d’une langue, d’une esthétique, de références, partagées… socle commun écorché d’ambivalences querelleuses et de controverses gourmandes. Vouloir la réduire à un fragment, fusse-t-il de l’Europe, était bien mal connaitre le peuple Français.

 Car ce peuple de paysans reste farouchement attaché aux bocages ancestraux, aux amitiés et aux amours des hectares mitoyens, aux références partagées. Ces paysans, devenus quelque fois citadins, gardent la terre dans leur mémoire reptilienne et se souviennent du goût du terroir, de son vin, de ses chasses, et de ces belles femmes que l’on courtise gaillardement la main sur le cœur, les yeux perdus dans les jupes légères. Le français est indécrottable, il aime sa terre et ce qu’elle porte. Le paysan, même celui en  bleu de chauffe que l’on appelait il n’y a pas si longtemps encore « ouvrier », garde d’ailleurs toujours une petite haine, une grande méfiance, vis-à-vis de cette Machine étatique, centralisée, hautaine et impersonnelle qui lui vend du multichose et du pluritruc.

 

 

L’esprit de révolte n’est jamais loin dans la grogne de la rue, elle naît dans sa nostalgie de l’angelus de Millet autant que dans la peur du chaos infertile, ou dans la volonté farouche de ne pas perdre le goût de la grandeur. L’Etat de la dépossession, de la repentance, du dénigrement, ne peut s’enraciner sur ce terreau. L’appel au rassemblement de la tripe républicaine, du cœur monarchiste et du muscle bonapartiste, qui cohabitent dans chaque Français, ne pourra se réaliser que dans l’impulsion d’un grand homme providentiel, une  figure héroïque aux convictions fermes. Le Français rêve et craint le pouvoir fort – le clivage profond des Français est dans cette cohabitation douloureuse et inévitable - mais il ne veut pas d’un président normal, d’un touriste de DisneyLand, ou d’un mandarin interlope, qui viendrait à régner en despote sur un pays défiguré, dépigmenté, déraciné. Le Français veut un César accompagné d'une épaule féminine, un Napoléon parlant aux soudards comme aux rois. Quelqu’un qui lui dise que la France n’est pas un fragment, mais un tout. Un tout cohérent, solide. Un bloc constitué qui invoque Chateaubriand, la Duchesse de Chevreuse, d'Artagnan, Cyrano de Bergerac, Bayard, Arsène Lupin, Jeanne d'Arc.

Denis Tillinac s’est battu comme un diable pour faire passer son frisson de la France. Il y est allé au fleuret, au sabre, au goupillon et a terminé à la grenade. A la fin il a touché ! Un sous-officier d’origine anglaise se lève et dit « Merci la France ! »

 

Par le Lieutenant-colonel Jean-Philippe Bourban
rayonnement & patrimoine
commandement de la Légion étrangère

 

 

Quelques nouvelles de la Légion étrangère.

Le 27 septembre, au Château de la Demande à Aubagne, le général Jean Maurin recevait autour de lui les autorités et amis de la Légion étrangère, à l'occasion de la traditionnelle "Réception de rentrée". Au cours de son allocution, il donnait "quelques nouvelles de la Légion étrangère".

 

La semaine dernière, le 2ème REP a fêté Saint-Michel en commémorant tout particulièrement ses noces d’Or avec la ville de Calvi, qui l’a accueilli il y a 50 ans. Je réalisais alors que pour la Légion, c’était la 2ème garnison la plus ancienne, derrière Aubagne, qui accueillit le 1er Etranger, il y a 57 ans. Un régiment dans sa ville, une ville et son régiment, c’est ce que nous vivons ici chaque jour, avec cœur et estime réciproques [...].

Quelques nouvelles de la Légion étrangère

D’ici la fin de l’année, nous aurons achevé notre montée en puissance des effectifs, passés de 7000 à 9000 en trois ans. Cette montée en puissance a été voulue par le Président de la République pour faire face à la menace terroriste islamiste qui nous a frappés dès le début de l’année 2015. Pour la Légion, cela s’est traduit par la création d’une compagnie supplémentaire dans les régiments des forces stationnés en métropole, et par le transfert de la 13ème DBLE des Emirats-arabes-unis (EAU) au camp du Larzac, avec une augmentation de ses effectifs d’une soixantaine à 1300. Cette montée en puissance sera achevée l’été prochain, mais la 13 a déjà participé à plusieurs reprises à l’opération Sentinelle, dès  l’été 2016, et se prépare à intervenir au Sahel début 2018.

 

Un effort considérable, dans un contexte tendu

Depuis deux ans, les régiments de Légion ont fait un effort considérable pour réussir cette montée en puissance. More majorum, ils ont tout donné pour remplir cette mission, avec abnégation et sens du devoir. Je ne citerai que les mutations dès janvier 2015 des nombreux cadres et légionnaires avec leurs familles pour rejoindre Le Larzac sous la neige, dans un camp de passage qui n’a jamais accueilli de régiment. Cette mission s’est également faite dans un contexte ou depuis deux ans, le légionnaire n’a pas vu le sable chaud, mais a arpenté les rues de nos cités pour votre défense dans le cadre de l’opération Sentinelle. Pour ne pas perdre les acquis, les cadres et légionnaires ont sacrifié beaucoup de leurs permissions pour continuer à s’entrainer, à se préparer aux actions extérieures qu’ils attendent aujourd’hui avec patience et détermination.

 

Un effort collectif, sans perdre de vue la priorité de l'opérationnel

Fidèle à ses anciens, le légionnaire est solide, il exécute la mission jusqu’au bout. Mais il souhaite aussi en découdre, et s’y prépare avec la plus grande rigueur. Les régiments de métropole commencent à repartir en opérations extérieures : le 2ème REG (Opération BARKHANE) y est actuellement et le 2ème REI se trouve en Estonie (Opération LYNX). Début 2018, ce sera le tour des régiments Légion de la 6ème BLB, et l’été prochain viendra le tour du 2ème REP. Les légionnaires commencent à voir la sortie du tunnel.

En Guyane, le 3ème REI a rassemblé et préparé un dimanche après-midi en quelques heures une compagnie pour la projeter en urgence aux Antilles pour venir en aide aux victimes du cyclone Irma (Opération IRMA 2017). Elle est rentrée hier à Kourou, fière de la mission accomplie dans l’urgence.

Tout cela est possible grâce à la solidité du légionnaire, qui commence et termine son service ici, à la maison mère, l’alpha et l’oméga de la vie légionnaire.

Tout cela est possible grâce aux régiments des forces et d’outre-mer, qui sont les muscles de la Légion, notre raison d’être de combattant.

Tout cela est possible grâce au travail quotidien, de la plus haute qualité, du Groupement de recrutement de la Légion étrangère et du 1er Etranger. Travail qu’ils réalisent au profit de l’ensemble de la Légion étrangère. Grâce évidemment à l’état-major du commandement de la Légion, qui a conçu, conduit, coordonné et soutenu cette manœuvre.

Tout cela est possible grâce au 4ème Etranger de Castelnaudary, creuset de la Légion étrangère. Il forme, instruit, éduque le légionnaire, les gradés, les spécialistes et les sous-officiers. Sans renfort permanent, mais grâce aux renforts donnés par les régiments de Légion, il a formé la vague supplémentaire des légionnaires (+80% en 2015). Aujourd’hui, son effort est porté sur les spécialistes.

A la manière des anciens, la Légion a réussi cette mission. Avec ses 9000 hommes, elle est solide et est prête à relever les défis futurs, ceux d’une troupe combattante entrainée et victorieuse pour le seul service des armes de la France, avec honneur et fidélité.

 

 

Le 2 REP fête Saint Michel et ses 50 ans de présence à Calvi

Florence Parly, ministre des Armées, s'est rendue le samedi 23 septembre au camp Raffalli à l’occasion du cinquantenaire de l’installation du 2REP à Calvi et de la célébration de la St Michel, patron des parachutistes.

 

1967 - 2017, il y a 50 ans ce prestigieux régiment de la Légion étrangère débarquait sur le port de Calvi en provenance d’Algérie (BouSfer), pour s’implanter au camp Raffalli, à quelques 3 kilomètres du centre-ville. Depuis, son histoire est intimement liée à celle de la ville de l’île de Beauté. Fort d’une disponibilité sans égal et d’un cadre d’entraînement unique, le régiment sait ce qu’il doit à sa garnison, qui lui offre tout ce dont il a besoin pour maintenir son niveau d’exigence opérationnelle.

Pour marquer le cinquantenaire de cette union avec la cité, dont la devise est « Semper Fidélis », le régiment organise depuis le mois de mars et en collaboration avec la ville de Calvi, une série de festivités et manifestations diverses.

 

 

Dès mars, le chef de corps proposait aux Calvais, une aubade de la Musique des parachutistes de Toulouse, avant de dérouler une impressionnante  prise d'armes au cœur de la ville, sur le port de commerce de Calvi, suivi d’un défilé sur le quai Landry. C’était le lancement officiel de cette opération de communion entre Calvi et la Légion. Le colonel Jean de Monicault y prononça une allocution sur les 50 années de présence du 2e REP à Calvi. Ange Santini, Maire de Calvi répondit avec un discours d'une grande sensibilité, de respect, d'amour et de tendresse sur le 2e REP.

 

 

 E août, c’est une très belle exposition de peinture et de photographies d'art « Calvi et les légionnaires parachutistes : 50 ans de destin commun », qui est proposée dans la  salle du Palais des Gouverneurs, à la Caserne Sampiero dans la Citadelle. Le Maire y dira « Depuis 1967 les liens entre notre cité et les Légionnaires parachutistes n'ont fait que se renforcer, à tel point qu'il est difficile aujourd'hui d'évoquer Calvi dans parler du REP, et réciproquement. Il nous est paru évident de symboliser ces cinq décennies de destin commun à travers une exposition réunissant des artistes d'horizons variés : peintres corses, peintres de l'armée, dessinateur de bandes-dessinées, sculpteur et photographe. » 

 

 

 Enfin, les manifestions qui se sont déroulés du 21 au 24 septembre - en présence de la Ministre des Armées, du CEMAT et du général COMLE – ont été le point d’orgue de ces festivités en leurs donnant une dimension nationale à l’occasion de la fête de la Saint-Michel, archange protecteur des parachutistes. Les anciens légionnaires parachutistes des Amicales se sont regroupés avec les plus jeunes de leurs frères d'armes.

 

 

POURQUOI SAINT-MICHEL EST DEVENU LE PATRON DES PARACHUTISTES ?

5 juin 1944. Les hommes du 2e régiment de chasseurs parachutistes/4e régiment du special air service (2e RCP/4e SAS) se préparent à sauter sur la Bretagne occupée. L’aumônier du régiment remet alors à chaque parachutiste une petite médaille à l’effigie de Saint-Michel, l’archange venu du ciel pour terrasser le dragon, représentation biblique de Satan. Parachutés le lendemain, les hommes du 2e RCP rejoignent les 3000 résistants du maquis de Saint-Marcel, un petit village du Morbihan. Repliés dans la campagne bretonne, les SAS adoptent la tactique de guérilla des maquisards et harcèlent l’ennemi à chaque occasion favorable. Dans la dureté des combats pour la Libération, le médaillon de Saint-Michel devient leur signe de ralliement.

En février 1945, l’aumônier du corps français de l’Air propose que Saint-Michel devienne le saint-patron de tous les parachutistes. L’idée est reprise en 1948 par le Père Jego, aumônier des troupes aéroportées. Lors de la célébration d’une messe devant un bataillon parachutiste en partance pour l’Indochine, il termine son homélie par ces mots : « Et par Saint-Michel, vive les parachutistes ».

L’idée s’impose et le 29 septembre 1949, en pleine guerre d’Indochine, la première Saint-Michel est célébrée en la cathédrale d’Hanoï (Vietnam) devant les hommes du 1er bataillon étranger de parachutistes, du 3e bataillon colonial de commandos parachutistes et du 1er régiment de chasseurs parachutistes.

Fêtée depuis par tous les parachutistes, la Saint-Michel est l’occasion de se rassembler autour des valeurs des troupes d’assaut et des traditions propres à la spécialité parachutiste.

 

L’INSIGNE DE LA 11E BRIGADE PARACHUTISTE

Celui que l’on surnomme le « Charognard » représente sur fond de parachute bleu clair, un aigle en position de poser, serres en avant, plongeant vers la mer. L’ancre des Troupes de marine symbolise l’appartenance à la brigade des régiments de cette arme, la couleur amarante représente la couleur du béret, la mer indique la vocation à intervenir en tous points du globe. Enfin, le liseré vert marque le rattachement des légionnaires aux bérets verts du 2e Régiment étranger de parachutistes à la brigade.

 

 LE BERET VERT

Le béret vert a été officiellement attribué au 1er Bataillon étranger de parachutistes en 1948. Il devient officiellement la « coiffure de repos et d’exercice » de la Légion en 1959. Depuis, le port est généralisé à tous les régiments de Légion et ne se porte qu’en tenue de combat. Au 2e REP, l’insigne de béret est le dextrochère des troupes aéroportées.

 

13 DBLE : modernisation des infrastructures pour accompagner la montée en puissance

Dans le cadre de la remontée en puissance des effectifs de l’armée de Terre, la création d’infrastructures et l’adaptation de certaines existantes ont été nécessaires pour répondre à des besoins nouveaux en termes de stationnement. Pour la 13DBLE, installée depuis un an sur le camp du Larzac, de nombreux chantiers ont été lancés, que le N°2 de l’armée de Terre est dernièrement venu apprécier.

Droits : Armée de Terre 2017

L’augmentation des effectifs et la nouvelle organisation de l’armée de Terre « Au contact » se sont traduites par la création de 33 unités élémentaires et deux régiments dont la 13e DBLE à l’été 2016. Pour relever ce défi quantitatif, l’armée de Terre a dû adapter ses infrastructures pour offrir aux soldats de bonnes conditions d’entraînement, de travail et d’hébergement. Si des infrastructures étaient déjà présentes sur le camp du Larzac, elles ne permettaient pas d’accueillir sur le long terme un régiment. D’importants travaux d’aménagement pour remettre à niveaux et pour augmenter la capacité d’accueil (hébergement, poste de commandement, centre médical, …) ont donc été réalisés depuis près de deux ans.

 

 

Maintenir l’élan

Lors de sa visite à la 13e DBLE, le major général de l’armée de Terre a pu rencontrer les représentants du groupe DELTA en charge du projet de conception, construction, aménagement, entretien et maintenance (CCAEM) du camp du Larzac et de l’établissement du Service d’infrastructure de la Défense (ESID) de Bordeaux. Satisfait des évolutions observées, le général de corps d’armée Houïtte de La Chesnais a souligné l’importance de maintenir cet effort dans les années à venir pour atteindre l’objectif final prévu en 2025.

En effet, pour la 13e DBLE, l’effet majeur du printemps 2017 a été atteint avec la livraison des infrastructures temporaires adéquates (armurerie, centre médical, …) et la livraison des premiers bâtiments d’hébergement définitifs. Pour autant, les conditions d’hébergement demeurent encore rustiques et le resteront jusqu’à la livraison des derniers bâtiments prévue entre 2020 et 2025. Cependant, grâce aux différents aménagements qui ont déjà eu lieu, le régiment est à présent certain de pouvoir achever sa montée en puissance.

 

 

Des infrastructures adaptées à la préparation avant projection

La 13e DBLE étant engagée en opérations extérieures en 2018, l’effort se portera pour l’année à venir sur les infrastructures concourant à la préparation opérationnelle (parcours d’obstacles, parcours de franchissement et de reconnaissance, bâtiment d’instruction au combat en zone urbaine (BICUB), bâtiment multi technique armurerie/FELIN) ou à la préservation de la disponibilité technique opérationnelle (DTO) avec la zone technique transitoire adaptée aux véhicules de l’avant blindés (VAB).

La vigilance doit cependant être maintenue sur la fonction soutien. Certaines opérations, compte tenu de la coordination avec des acteurs extérieurs au ministère, font l’objet d’une attention particulière comme l’approvisionnement en eau potable, le traitement des eaux usées ou encore la livraison des parcs de logements familiaux permettant la stabilisation des familles.

L’ensemble de ces mesures vise ainsi à réussir la modernisation capacitaire qui va façonner l’armée de Terre pour des décennies. Cette manœuvre globale concerne non seulement le renouvellement des équipements, mais également celui de l’organisation, la doctrine, la formation, l’entrainement, l’infrastructure et bien entendu du soutien.

 

 

Droits : Armée de Terre 2017

[AGENDA] 21 sept 2017 - Exposition « Entre terre et mer...»

Le Musée de la Légion étrangère proposera du 21 septembre 2017 au 15 janvier 2018 une exposition « Entre terre et mer. L’aventure de la Légion étrangère dans l’océan Indien ». Cette exposition s’inscrit dans un circuit d’expositions coordonnées par Bouches-du-Rhône Tourisme, autour d’une thématique porteuse d’imaginaire : « L’appel du large », qui couvrira la période du 17 mai au 30 septembre.

« Entre terre et mer.

L’aventure de la Légion étrangère dans l’océan Indien »

 

Le Musée de la Légion étrangère proposera du 21 septembre 2017 au 15 janvier 2018 une exposition « Entre terre et mer. L’aventure de la Légion étrangère dans l’océan Indien ». Cette exposition s’inscrit dans un circuit d’expositions coordonnées par Bouches-du-Rhône Tourisme, autour d’une thématique porteuse d’imaginaire : « L’appel du large », qui couvrira la période du 17 mai au 30 septembre.

L’exposition proposée par la Légion étrangère embarque les visiteurs dans le sillage des légionnaires, de leur arrivée dans l’océan Indien marquée par la conquête de Madagascar (1895-1900), à Djibouti en passant par les Comores, Massawa ou les Glorieuses. Elle présente la Légion sous l’angle original des troupes embarquées au long cours, sur des navires en partance pour la conquête de terres nouvelles. C’est un légionnaire au goût iodé que l’on découvre sur les ponts des navires, accoudés aux bastingages, dans l’attente d’une escale où débarquer, se battre et s’installer. Tout le monde connait le légionnaire confronté à l’immensité du désert ; cette exposition le découvre répondant à l’appel du large, en partance vers l’Océan Indien, aux amarres d’escales portuaires, plongé dans la grande aventure maritime fondatrice du monde d’aujourd’hui et de la grande puissance maritime qu’est la France.

C’est ensuite à terre, sur les bandes littorales ou dans les ports de garnisons, que l’on suit les légionnaires. A Diego Suarez jusqu’en 1974, sur port de Djibouti escale sur la route vers l'Indochine, ou à Dzaoudzi sentinelle avancée dans l’Océan Indien. Souvent négligées au profit des faits militaires, elles furent pourtant de véritables havres pour les légionnaires qui s’y installèrent durablement. Cette partie souligne l’importance des travaux réalisés sur place par les légionnaires bâtisseurs.

L’exposition sera présentée par le commandant Yann DOMENECH de CELLES, nouveau conservateur du musée de la Légion étrangère. Elle présente un ensemble d’objets exotiques provenant des collections propres du musée aussi bien que de collections publiques françaises, des tenues d’époque, des aquarelles façon "carnet de voyage" ou peintures ; témoins des navigations et souvenirs des garnisons, chargés d’émotion.

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Les partenaires du musée de la Légion

 

4 villes, 8 expositions et une vingtaine d'artisans, commerçants et restaurateurs, mettent à l'honneur le voyage maritime. Arles, Martigues, Marseille et Aubagne, s’inscrivent dans un circuit d’expositions coordonnées autour d’une thématique porteuse d’imaginaires : « L’appel du large ».

 

 

 

MARTIGUES – Musée Ziem - « Martigues terre d’Ailleurs »

17 mai – 17 septembre

En 1861, Martigues voit s'installer l'atelier du peintre Félix Ziem. Il est loin de se douter qu'il est le premier d'une longue liste d'artistes qui, comme lui, vont faire le déplacement en quête d'un Ailleurs propice aux recherches picturales qui agitent le monde artistique de cette seconde moitié du XIXe sècle. Sur ses pas, Renoir, Picabia, Derain, Dufy (et bien d'autres encore) viendront également poser leur chevalet sur ces rives.

Sur place, d'autres peintres sont déjà à l'œuvre depuis le milieu du XIXe siècle. Pour eux, nul besoin de quitter ces lieux familiers pour révolutionner le paysage moderne : l'Ailleurs est partout présent.

 Avec près de 50 œuvres, le musée évoquera les recherches menées par ces artistes venus du Nord et leur rencontre avec les peintres contemporains locaux, également contributeurs de cette modernité.

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MARSEILLE - Mucem «Aventurier des Mers, Méditerranée – océan Indien, du VIIe au XVIIe siècle»

7 juin– 9 octobre 2017

De l'Empire perse aux conquêtes d'Alexandre le Grand, de l'expansion de l'islam aux explorations chinoises et des aventures portugaises aux navigations hollandaises, c'est entre Méditerranée et océan Indien que se sont déroulées les grandes aventures maritimes fondatrices du monde d'aujourd'hui. L'exposition débute par la mise en place, au VIIe siècle, d'un empire des deux mers, celui des Omeyyades, lequel ouvrira les voies d'un monde dont le destin se joue principalement à la bascule du XVe et du XVIe siècle. Cette exposition, riche de plus de deux cents oeuvres provenant de cinquante musées et institutions, de Lisbonne à Singapour, conduit le visiteur au croisement de l'or d'Afrique et de l'argent d'Occident, des verreries de Venise, des cotonnades indiennes, des porcelaines et des épices venues des mers de Chine.

Les océans ont historiquement permis d'aller à la rencontre des autres, d'échanger et de commercer. Après avoir longtemps pensé la mer comme un espace périlleux, les hommes ont très tôt élaboré de multiples savoirs pour s'aventurer toujours plus loin et plus sûrement, à la recherche des trésors de l'Orient. Le développement des connaissances et des navigations exploratoires a permis de penser la géographie du monde dans son ensemble. Avec la belle énergie des pionniers, marins et commerçants se sont alors lancés sur les mers à la recherche de fortunes à faire, d'âmes à convertir, de nouveautés à découvrir.

Tout au long du Moyen Âge, l'océan Indien, d'où provenaient les produits les plus recherchés, a été le plus grand marché du monde, et le plus convoité. En se déployant, le commerce maritime a permis de brasser les marchandises, mais aussi les hommes, les religions, et les idées. Le monde s'est élargi, révélant peu à peu son immensité.

Tout en reliant entre elles les différentes histoires des Cités, des États et des Empires, le parcours de cette exposition témoigne de leurs échanges, de leurs relations et, finalement, de leur devenir commun. En présentant, depuis la mer, les milles ans d'échanges et de rencontres qui précèdent ce que l'on appelle " les grandes découvertes ", le Mucem invite le visiteur à déplacer son point de vue et à élargir son champ de vision. À l'heure où l'intensification des processus de mondialisation interroge notre avenir immédiat, cette exposition propose au visiteur de prendre le temps de parcourir une histoire de l'Ancien Monde, tel qu'il est apparu aux premiers aventuriers des mers.

L'exposition au Mucem fait la part belle aux Grandes découvertes, et présente cinquante œuvres nouvelles provenant notamment de la Biblioteca Estense de Modène (Italie), de la Caixa Geral de Depósitos (Lisbonne), du Musée des Arts Décoratifs de l'océan Indien (La Réunion) et du Kunsthistorisches Museum (Vienne).

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MARSEILLE - Regards de Provence - « Escales méditerranéennes »

17 juin - 31 décembre 2017

L’exposition réunit 80 œuvres, du milieu du XIXème à la fin du XX ème siècle, sur le paysage naturaliste maritime représentant des marines, des paysages côtiers, des ports de Provence, de la Côte d’Azur et du pourtour méditerranéen. Au milieu du XIXe, la peinture glisse peu à peu de la peinture d’histoire ou du reportage dramatique, vers le paysage naturaliste maritime. Au XXe siècle, la mer n’est qu’une explosion de couleurs et de matières. L’exposition réunit des artistes comme Picasso, Valtat, Bernard, Camoin, Peske et Signac, mêlés à des peintres plus confidentiels, qui ont su restituer la beauté des escales et ambiances méditerranéennes - de la Côte Vermeille à la Côte d’Azur, de l’Algérie à l’Adriatique.

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MARSEILLE – Musée d’Histoire de Marseille & Musée des Docks Romains – « Bateaux & Merveilles 1 et 2»

1er juillet – 30 septembre

"Bateaux et Merveilles - 1" retrace l’histoire marine de Marseille autour du site archéologique Port Antique. Une collection exceptionnelle de six épaves grecques et romaines et des objets sélectionnés feront écho aux personnages emblématiques Prôtis, Pythéas, Edmond Dantes et Jules César.

 "Bateaux et Merveilles - 2" évoque l’activité portuaire de Marseille entre le VIe siècle avant J-C et le IVe de notre ère. Des éléments d’accastillage, des amphores ou des ustensiles de la vie quotidienne à bord issus d’épaves de navires ayant sombré au large des côtes marseillaises sont les témoins de la vie à bord des bateaux d’époque.

 

 

 

 

ARLES - Musée Départemental Arles Antique - « Navires et navigations à l’époque romaine»

1er juillet – 30 septembre

L’exposition met en lumière les fouilles archéologiques subaquatiques menées dans le delta du Rhône. Une borne numérique permet au public de découvrir les objets d’accastillage (poulies, ancres…) d’un navire de commerce romain.

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MARSEILLE - Musée d'Arts africains, océaniens, amérindiens – MAAOA- « Jack London dans les mers du Sud »

7 septembre – 7 janvier 2017

La présentation s'articulera autour des archipels traversés par l'écrivain : Hawaï, les îles Marquises, Tahiti, Fidji, Samoa, Vanuatu, les îles Salomon. L’exposition met en scène des objets rapportés par l’auteur lui-même et des installations audiovisuelles proposant des documents rares ou inédits. Autour des archipels traversés par l’écrivain, tous les éléments sont réunis pour revivre l’un de ses paris les plus audacieux : son voyage dans les mers du sud  entre 1907 et 1909.

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Les partenaires / organisateurs : Mucem, Musée Regards de Provence, Centre de la Vieille Charité, Musée d’Histoire de Marseille & des Docks Romains, Musée Ziem, Musée Départemental Arles Antique, Musée de la Légion Etrangère, Office du Tourisme et des Congrès de Marseille, Office de Tourisme de Martigues, Office de Tourisme d’Arles, Office de Tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, la Ville de Marseille, la ville de Martigues.

 

 

 

 

De la brocante joyeuse au temple sacré, le Musée de la Légion étrangère raconte...

De la brocante joyeuse au temple sacré, le Musée de la Légion étrangère raconte une histoire de combats, de conquêtes, de sacrifices... c'est l'histoire des légionnaires et donc de la Légion étrangère. Ce Musée, résolument moderne, témoigne du passé et parle de l’actualité des opérations dans un même élan de courage et de fidélité. La scénographie y est sobre et élégante, comme l’histoire qu’elle expose.

« La Légion est une grande famille qui n’oublie pas »

 

le Musée de la Légion étrngère 

les souvenirs, cette « brocante glorieuse »

La tradition, pour chaque régiment, de posséder une salle d’honneur est relativement récente. Jusqu’à la fin de la Royauté, les souvenirs matériels des campagnes étaient partagés entre le souverain (employeur), le colonel (propriétaire) et les multiples participants. C’est ce qui explique la richesse des demeures ancestrales de certaines grandes familles. Peu après sa création, la Légion étrangère a occupé des garnisons pratiquement fixes au premier rang desquelles Sidi-Bel-Abbès. Et les souvenirs, cette « brocante glorieuse » que tout soldat rapporte de ses périples commençaient à s’accumuler. Les bibliothèques, les mess, les popotes, le bureau du chef de corps furent les dépositaires de ces objets qui, groupés auraient pu permettre de réaliser une salle d’honneur. Il faudra attendre 1888, pour que le colonel Wattringue, chef de corps du 1er Etranger, pose la première pierre de la salle d’honneur de Sidi-Bel-Abbès.

 

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

 

Ainsi naquit en 1892 la première salle d’honneur du 1er Régiment étranger.

 

Profitant d’un temps de répit pour la Légion étrangère, il voulait rendre hommage aux légionnaires qui depuis 1831, en Algérie, en Crimée, en Italie, au Mexique et pendant la guerre de 1870 avaient donné toutes leurs forces et souvent leurs vies pour la France. Situons cette création dans le contexte de l’époque. La défaite de 1870 laissait un goût amer à tous, ce qui amena le ministre Boulanger à vouloir faire remonter le moral de l'Armée, notamment en faisant peindre les guérites aux couleurs tricolores, en instituant l'adoption d'un nom de baptême pour les quartiers militaires, en recréant les bibliothèques régimentaires ou de garnison, et en voulant des salles d'honneur dans les régiments. Concernant ces dernières, cela ne se fit pas sans mal. Les règlements ne prévoyaient rien à ce sujet, il n’y avait pas d’argent pour cela et les services en charge des casernements étaient peu enclins à réaliser ce qui leur paraissait comme une fantaisie. L’ingéniosité des cadres et légionnaires suppléa vite ce regrettable état de fait : A la Légion, il y a toutes les professions pour entreprendre. Quant à l’argent, le chef de corps autorisa des légionnaires à travailler chez des colons lors de quartiers libres, moyennant le reversement d’une obole pour la construction de la salle d’honneur ! Ainsi naquit en 1892 la première salle d’honneur du 1er Régiment étranger. C’est depuis cette date que la main de bois du capitaine Danjou, la hampe du drapeau du second Empire et les trophées rapportés de Tuyen-Quang sont honorés et vénérés. Le chef de corps voulait alors « exalter dans les cœurs de leurs successeurs par l’exemple de leurs hauts faits d’armes –ceux des légionnaires depuis 1831 NDLR-, leur sentiment d’abnégation et leur esprit de sacrifice », comme l’écrira 50 ans plus tard le colonel Azan.

 

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

 

Salles d’honneur et musée du souvenir de la Légion étrangère 

 

Quelques années après les cérémonies du centenaire, profitant à nouveau d’une période de calme, le colonel Azan décida la création du musée du souvenir. Il conclut la préface du livre du général Andolenko « Salles d’honneur et musée du souvenir de la Légion étrangère » édité pour l’occasion en ces termes : « La Légion est une grande famille qui n’oublie pas. Et c’est pour préserver de l’oubli les meilleurs ouvriers de nos gloires,..., qu’ont été édifiées puis développées ces salles d’honneur, où vit la mémoire de nos héros afin que la gloire de leur mort nous fortifie mieux. » Ainsi, par ses collections, sa mémoire, et son histoire, se renforçait la famille légionnaire. Ce but pédagogique fut d’ailleurs traduit en ordres pour le légionnaire dans le mémento de 1937, au paragraphe devoirs au combat : « dès qu’il te sera possible, visite la salle d’honneur et le musée du souvenir de Bel-Abbès. Recueille-toi devant les noms gravés dans les plaques de marbre des officiers tombés au champ d’honneur. Lis les citations qui ont été décernées à tes anciens et recueille-toi profondément devant ton drapeau, à la devise orgueilleuse et stricte. C’est alors que tu comprendras combien tu as le droit d’être fier de porter l’uniforme de légionnaire… »

C’était il y a 80 ans, et c’est toujours d’actualité. En 1962, le musée quitta Bel-Abbès pour Puyloubier, puis pour Aubagne, où le ministre Messmer y posa la première pierre à Camerone 1963.

 

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

 

Le temple sacré de l’alpha et l’oméga de la vie du légionnaire

 

Aujourd’hui, grâce à la ténacité de mes prédécesseurs, grâce au travail des conservateurs successifs et des légionnaires, grâce à la Société des amis du musée de la Légion étrangère et tout particulièrement grâce à l’action de son président pendant 14 ans, le général Le Flem auquel j’exprime toute ma reconnaissance, grâce à tous les donateurs dont en premier lieu les légionnaires qui ont versé leur obole, grâce aux spécialistes de haut niveau consultés pour l’occasion, notre musée, agrandi, est labélisé musée de France. Ses collections sont donc inaliénables. Il accueille de plus en plus de visiteurs extérieurs.

Il reste le temple sacré de l’alpha et l’oméga de la vie du légionnaire. C’est dans la salle d’honneur du musée qu’est remis au légionnaire son contrat initial à l’engagement, et son certificat de bonne conduite lors de la cérémonie de départ. C’est dans la crypte, lors de sa ventilation en régiment et à la fin de son contrat qu’il se recueille devant la main du capitaine Danjou.

Dans les régiments, les salles d’honneur apportent la même ferveur aux jeunes légionnaires comme aux plus anciens. Cela me rappelle l’article d’un journaliste paru dans le Midi libre en juillet 1962, lorsque la Légion quitta l’Algérie : « regardez-les encore, ils entassent dans des caisses les reliques de leur musée, la main articulée du capitaine Danjou, les décorations de leur drapeau, les lambeaux de capote de leurs héros, les fleurs teintées du sang versé sur l’Ouargha… les photos fanées, les fourragères, tout ce bric-à-brac de souvenirs qui ne vaut pas cent sous et qu’ils ne cèderaient pas pour des millions… Ils partent avec leurs souvenirs collés à la semelle de leurs souliers. Ils partent, s’ils ont commis des crimes, c’est d’avoir trop aimé la France et l’Algérie… d’avoir trop servi… d’être morts trop nombreux. Que du moins on leur laisse leurs traditions, leurs drapeaux et leurs képis blancs, leur allure lourde d’un siècle de combats et leurs nostalgiques refrains… ».

Je termine par la phrase inscrite sur le vitrail de la salle d’honneur du 2ème REP à Calvi : « A ceux, qui de la France furent parmi les plus braves et plus désintéressés des serviteurs, que leur exemple nous guide. » Pour eux, venez nombreux visiter le musée, et soutenez la Société des amis du musée de la Légion étrangère.

 Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°802)

«4 leçons que la Légion étrangère pourrait donner aux entreprises», Béatrice. M. Chretien.

La Légion étrangère enseigne plusieurs leviers que les dirigeants d’entreprise peuvent activer afin d’assurer croissance et pérennité.

Par Beatrice M. Chretien  | Publié le jeudi 10 septembre 2017 | Contrepoint 

 

De nombreuses entreprises sont confrontées à des indicateurs de performance inquiétants : manque de motivation, ralentissement du chiffre d’affaire, absence de décision se retournent contre l’organisation. Le manque à gagner induit, la défiance, le cynisme sont immédiatement captés par les clients et la concurrence.

À défaut de s’interroger sur la perte de sens en entreprise, les dirigeants tentent d’y répondre ponctuellement par le biais de séminaires, formations, coach bien-être ou team buildings dont le contenu reste souvent discutable. Dans ce dernier cas, l’enjeu est de dissoudre en quelques heures l’individualisme désigné comme responsable de tous les maux, tandis qu’un animateur à l’entrain de circonstance s’évertue à éveiller un semblant de solidarité dans le groupe au cours d’un jeu de zombies ou de méditation sous tipi.

Certaines organisations sont malheureusement plus avancées dans le degré d’obscurcissement des indicateurs psychosociaux et la baisse des résultats. Aussi, un développeur de jeux vidéos embauché par un leader du courrier rend ludiques les tâches quotidiennes que les salariés rechignent à faire. Tel un hochet que l’on agite devant eux, ces derniers redeviennent des nourrissons pour l’occasion, et les dirigeants en un temps rassérénés devant le sourire à trois quenottes, espèrent atteindre les objectifs fixés, tout du moins provisoirement.

De retour à la sévère réalité puisque le sens ne se décrète pas, nous nous sommes penchés sur le rayonnement de la Légion étrangère qui attire les talents du monde entier. Comment expliquer qu’une institution qui forme des soldats d’élite à 90% étrangers de parcours disparates, qui vont servir sous notre drapeau dans des conditions rudes au péril de leur vie avec un salaire modeste, connaisse autant de succès ? Dès sa création en 1831, la Légion ne cesse de mettre les hommes au coeur de ses préoccupations afin de remporter des victoires et motiver ses troupes. Elle s’appuie sur des leviers puissants pour y exceller, en particulier : son identité forte, son leadership, sa formation.

 

Mission et identité de la Légion

La mission de la Légion est claire, ambitieuse et très simple : servir la France. Le fait de servir, par le biais de missions petites ou grandes, anime chaque légionnaire par le biais du Code d’Honneur : 7 articles qui fondent cet esprit de corps unique. Tous le connaissent par coeur et sont le reflet des valeurs d’honneur, solidarité, loyauté, discipline, rigueur, modestie, mission sacrée et amour du travail bien fait.

Par ailleurs, la commémoration par tous du mythe fondateur, la bataille de Camerone, contribue à enraciner les légionnaires dans une vision héroïque de leur rôle. Chaque 30 avril “apporte une légitime confiance, renforce le sens du devoir et exalte les âmes et les coeurs, en vue des missions qui attendent les légionnaires” précise le Général Maurin.

 

De plus, les nombreuses traditions, rites, coutumes, fêtes sont autant de points d’ancrage forts qui évoluent au fil du temps et assurent cohésion et fierté de servir dans cette unité. Par exemple, l’uniforme, les chants, la cérémonie d’engagement solennelle, Noël et tant d’autres particularités consolident ce sens d’appartenance à un corps d’excellence de l’Armée.

 

 

La fabrique à leaders

Alors que nos quartiers d’affaires sont gorgés de bons managers bac+5 soucieux de mettre le process au coeur de leurs priorités, les leaders de la Légion mènent les hommes en opération et les placent au coeur de leurs préoccupations. Et le contraste est saisissant : énergie, regard direct, franc-parler et propos en parfaite cohérence avec ceux de l’état-major.

Le rôle principal du leader à la Légion est de définir la réalité auprès des équipes : plus besoin d’interprétation via l’intranet quand vous patrouillez avec 50 kg d’équipements sur le dos ou de tergiversation sur la pertinence d’un process quand l’ennemi lance l’assaut.

En raison d’un encadrement resserré, 1 sous-officier pour 3 militaires de rang, et d’une forte proximité, les leaders connaissent très bien chacun de leurs hommes et les encouragent à s’améliorer tout en veillant sur leur forme physique et morale. Les gratifications sont proportionnelles au mérite et personnalisées. De même, les comportements qui ont mis en danger les autres sont sanctionnés.

Aussi, les hommes sont traités avec équité car l’avancement est à la valeur des actes. Ceux qui ont pris du grade ont accompli des actes méritoires et sont regardés comme des exemples.

 

La montée en compétence par l’apprentissage en situation

Tous vos collègues vous le disent : 90% du contenu de la formation en stratégie commerciale il y a 3 mois est déjà oublié. Et pour cause : le gros classeur qu’on ne sait pas où ranger rempli d’évidences déconcertantes, l’instructeur qui ânonne en pilotage automatique ses préceptes innovants d’il y a seulement 10 ans et étayés d’exemples tirés de son terroir natal. À quoi bon retenir une réalité qui n’est pas la vôtre ?

Quel que soit le grade ou la spécialisation, les légionnaires bénéficient d’un savoir-être, d’un savoir faire et d’un savoir faire-faire, d’excellence et sur-mesure. La formation est centralisée afin de garantir le niveau de qualité de l’enseignement d’environ 2000 stagiaires par an. Elle s’adapte en temps réel au planning et aux besoins opérationnels du régiment concerné. À peine arrivés, les nouveaux engagés suivent une formation exigeante pour intégrer un régiment opérationnel en 4 mois seulement.

Les formateurs issus de la maison prennent le temps auprès de chacun pour s’assurer que la leçon est bien intégrée. L’assimilation durable des compétences se fait par des exercices de simulation sur le terrain, suivis de débriefings jusqu’à maîtrise parfaite. Ainsi, chacun a confiance en ses capacités, celle des autres et connait parfaitement sa partition en opération, quel que soit le scénario.

Enfin, la puissante cohésion des hommes est fondamentale pendant et après la formation, au delà des divergences d’origine, de culture, de religion. Dès leur intégration, les légionnaires apprennent à s’entraider afin que la force des uns compense la faiblesse des autres à un moment donné. Ils sont d’ailleurs régulièrement évalués sur ce point.

 

 

La Légion : un exemple à suivre

Tout comme l’Armée, les entreprises doivent composer maintenant avec un environnement incertain, complexe et ambigu. Les réponses courantes proposées par les experts externes ne s’appuient ni sur ses talents/ressources ni sur l’identité de l’organisation. Pourtant ce sont les seuls véritables points d’appui de son développement à moyen et long terme. Des valeurs partagées, une culture forte, la montée en compétences des équipes en situation réelle, une mission explicite et vécue sont les fondations nécessaires au succès de l’entreprise.

Au Fort de Nogent, nous avons croisé une multitude de visages aussi radieux que confiants. À table avec les supérieurs, nous avons parlé innovation, leadership, meilleures pratiques de management dans une qualité d’écoute et bienveillance étonnantes. Les échanges étaient empreints d’authenticité, et c’est peut-être ça l’innovation de rupture.

 

Opération IRMA 2017 - Le 3 REI au secours des habitants de Saint-Martin

Opération Irma 2017 aux Antilles : 130 légionnaires de la 2CIE du 3e Régiment étranger d'infanterie ont été projetés au secours de la population de l'Ile de Saint-Martin, aux Antilles.

Publié le 09/09/2017 - modifié le 29/09/2017  | DRP

Le Président Emmanuel Macron auprès des légionnaires du 3REI, à Saint Martin - Opération IRMA 2017 - 12/09/2017

 

La réponse du ministère à une crise d’une grande ampleur s’est concrétisée par l’appel aux Forces armées. Dans la soirée du 9 septembre, les comptes rendus civils sur la dégradation sécuritaire ont conduit à ordonner le renforcement du dispositif terrestre à Saint-Martin.

Dans un contexte de forte mobilisation opérationnelle (HARPIE, TITAN), 130 légionnaires de la 2CIE du 3e Régiment étranger d'infanterie ont été mis en alerte, dès le 09 septembre, et projetés le lendemain pour renforcer le dispositif terrestre à Saint-Martin.

Après une escale en Guadeloupe pour se mettre en condition, ils ont été déployés, par cinq rotations, en avion tactique de transport CASA CN-235 vers l'Ile de Saint Martin. Leur présence a permis de disposer d’une évaluation de la situation, de porter assistance à la population et de sécuriser les zones sensibles, au sein du groupement de sécurisation.

 

 

Le dispositif militaire s’est intégré à l’organisation de crise avec une grande réactivité pour soutenir l’action gouvernementale d’assistance aux populations, sécuriser les biens ainsi que les sites sensibles ou les centres décisionnels, et contrôler les points de passage ou les points clés du terrain.

 

 

Pendant près de deux semaines les légionniares vont participer à la sécurisation de l'Est de l'Ile et s'engager pleinement dans les opérations d'assistance auprès de la population en état de sidération. Le 27 septembre la 2Cie est de retour au Quartier Forget, prête à particper de nouveaux aux opérations TITAN ou HARPIES sur le territoire Guyanais.

 

 

Opération LYNX : Le 2 REI en Estonie pour une mission OTAN

"Le légionnaire est un soldat, un pionnier et un bâtisseur. Prouvez le ici aussi afin qu’on puisse dire : "Ici passa la Légion !"

Publié le 31/08/2017 - modifié le 29/09/2017 | DRP

 

Un engagement dissuasif, robuste et crédible

 

Décidée par les chefs d’État et de gouvernement au sommet de Varsovie en 2016, la Posture de présence avancée renforcée de l’OTAN (enhanced Forward Presence ou eFP) permet aux Alliés de déployer, en nombre limité, des forces militaires dans les pays Baltes et en Pologne. Cet engagement non permanent vise à renforcer encore la posture de défense de l’Alliance par un dispositif dissuasif, à caractère purement défensif, selon une planification validée collectivement.

Cette mission, baptisée « Lynx », s’inscrit donc dans le cadre des « mesures de réassurance » décidées par l’Otan. La France y engage un dispositif articulé autour de 300 militaires français et d’un S-GTIA composé de 4 chars Leclerc et de 13 VBCI. La mission Lynx est intégrée au sein d’un bataillon commandé par le Royaume-Uni. En 2018, la France déploiera un contingent en Lituanie, aux côtés de l’Allemagne, Nation-cadre de ce Battle Group.

Cet engagement dans le cadre de l’eFP marque également une avancée importante dans la coopération de défense de la France avec l’Estonie, le Royaume-Uni et le Danemark. Déjà riche, cette relation va bénéficier de plusieurs mois d’entraînement en commun, sur des matériels performants. Cela favorisera l’interopérabilité de nos forces et l’émergence d’une culture opérationnelle commune favorable à d’autres coopérations plus larges (dans le cadre de la CJEF ou de Coalitions, telle celle contre L'Etat Islamiste, où sont engagés Londres et Copenhague avec des moyens importants).

 

 

Depuis juillet 2017, les légionnaires du 2e Régiment étranger d’infanterie de Nîmes et les cavaliers du 501e régiment de chars de combat de Mourmelon sont déployés à Tapa, à une heure de route de la capitale Tallinn et un peu plus de 100 kilomètres de la frontière avec la Russie. Ils sont hébergés sur une base militaire de la 1re brigade d’infanterie mécanisée de l’armée estonienne, au sein d’un Battle Group de1 168 hommes, commandé par les Britanniques. Tapa est un ancien terrain de manœuvres de l’armée soviétique. Les Challengers 2, les Warriors britanniques, les CV-90 estoniens et les Leclerc Français et la Légion étrangère sur VBCI donnent immédiatement un aspect dissuasif, robuste et crédible au Battle Group.

 

L’occasion de pouvoir s’entraîner

 

C’est un paysage de plaine, coupé de forêt et de marécages. « Ca me rappelle le pays » souligne songeur un légionnaire « il y fait très froid en hiver, nos successeurs auront intérêt à être bien équipés », ajoute-t-il. Pour les légionnaires, ce déploiement est l’occasion de pouvoir s’entraîner sérieusement durant quatre mois avec les alliés de l’Otan.

 

Florence Parly, ministre des armées, rend visite aux légionnaires du 2REI en Estonie

 

Le 08 septembre, Florence Parly, ministre des armées, s’est rendue sur place. Face aux légionnaires, elle dira : « Messieurs, vous êtes venus des 5 continents, vous y servez la France avec Honneur et Fidélité dans la mission que vous a confié la Nation pour protéger la liberté d’un Etat souverain, l’Estonie, dans le cadre de l’OTAN, alliance de valeurs basée sur la démocratie. Votre mission ici est complexe, je le mesure bien : du difficile entrainement quotidien dans un environnement nouveau vous devez être prêt à changer de posture, y compris si cela était nécessaire, pour combattre ici, en Estonie. Je le sais, la compagnie a suivi une forte période de préparation opérationnelle, de février à mai 2017 pour continuer à s’approprier les équipements FELIN et VBCI et on m’a informé que vous étiez parfaitement opérationnels. Comme le précise votre code d’Honneur : « La mission est sacrée, tu l’exécutes, jusqu’au bout et, s’il le faut au péril de ta vie ». Je n’ai donc aucun doute sur votre capacité à remplir votre mission. »

A la fin de son allocution, la ministre conclura par : « Le légionnaire est un soldat, un pionnier et un bâtisseur. Prouvez le ici aussi afin qu’on puisse dire : "Ici passa la Légion !"

 

 

A Tapa, Macron salue à son tour l'engagement des légionnaires face à "la menace"

 

Emmanuel Macron a salué, en Estonie, l'engagement des forces françaises sur les théâtres extérieurs, soulignant qu'elles oeuvraient à la "crédibilité" de la France sur la scène européenne et internationale. Le chef de l'Etat s'est en effet rendu le vendredi 29 septembrerendu sur la base de Tapa aux côtés de la Première ministre britannique Theresa May et du Premier ministre estonien Juri Ratas. L'occasion de rencontrer les légionnaires du 2REI; "C'est la France qui se fait respecter dans le cadre d'une alliance structurante pour nous qui est l'Otan", a-t-il déclaré. 

 

 

 

[AGENDA] 16 sept 2017 - Exposition «Les artistes de la Légion» à Villeneuve-lez-Avignon

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, le 1er REG organise les 16 et 17 septembre prochain une exposition sur le thème "Les artistes de la Légion".

Le képi blanc et la fête nationale

En 1939, lors du défilé du 14 juillet, le képi blanc entrait dans l'histoire de France sous les bravos, les vivats et les cris de « vive la Légion ! ». Fiers, impassibles, certains de leur force comme de leur élégance, les légionnaires en prirent possession ce jour là.

J'ai désigné cette année le 4e Etranger pour défiler le 14 juillet sur les Champs Elysées, afin de mettre à l’honneur l’effort porté par les "fortes têtes" ces dernières années pour former, éduquer et instruire la vague des jeunes engagés volontaires, puis celles des sous-officiers, gradés et spécialistes, venues grossir nos rangs. La désormais traditionnelle prise d’armes du 13 juillet au Sénat a été l’occasion pour le 4e Etranger de procéder à une remise de képis blancs, à une jeune section d’engagés volontaires. Je profite de cette circonstance pour faire un retour sur les liens entre le képi blanc et notre fête nationale.

 

Le légionnaire n’est pas comme les autres, et il veut qu’on le remarque

 Dans ses souvenirs, le colonel Maire écrivait sur la période des années 1930 : « Si le légionnaire arrive à se distinguer par sa tenue étrange, disparate, lorsqu’il est en colonne, dès qu’il se retrouve en garnison il met son point d’honneur à devenir le soldat coquet, élégant même, qui n’a pas son égal parmi les autres troupes. Il est fier de ses épaulettes, de sa ceinture bleue, de son couvre-képi qui est devenu d’une blancheur éclatante, bien qu’à plusieurs reprises des ordres aient été donnés pour le teindre en marron en raison de sa grande visibilité. Mais là, on se heurte à la tradition, et le légionnaire est traditionnaliste. Il est légionnaire, il n’est pas comme les autres, et il veut qu’on le remarque. »

 Le képi blanc, avec ou sans son légendaire couvre-nuque, s’est donc identifié au légionnaire pendant cette période de l’entre-deux-guerres. Au point d’ailleurs que le légionnaire est devenu, dans le langage courant, un képi blanc. Pourtant, le port du couvre-nuque est antérieur. Il date de la conquête de l’Algérie un siècle plus tôt. Astuce imaginée pour éviter les insolations, créé officiellement vingt ans plus tard en 1850 pour la Légion et les bataillons d’Afrique, le couvre képi n’est plus porté pendant la guerre de Crimée. Il réapparait au Mexique : « Chacun devra être pourvu d’un couvre-képi, car la cause principale des maladies est l’insolation » ordonne le général Forey. Officialisé en 1874 pour les troupes qui servent en Algérie, il devient blanc dans les années 1910, par le soleil et les lavages, et s’impose au Maroc comme signe distinctif de « la Légion de Lyautey ». Vers 1920 au Maroc, l’Intendance liquide pour la Légion un stock de vieux képis marrons, que les légionnaires s’empressent de recouvrir de couvre-képis blancs. L’état-major s’insurge contre cette mode non réglementaire, mais finit par donner raison aux légionnaires, certes frondeurs, mais avant tout courageux et efficaces au combat. Pour les cérémonies du Centenaire en 1931 à Sidi-Bel-Abbès, les 2e et 3e Etrangers sont en képi blanc. Des querelles persistent cependant au Maroc avec l’état-major qui veut imposer le casque en métal ou à nouveau le manchon marron. Le légionnaire Martin relate : « Ce fut un beau chahut ! Avec quelques inspirations comme celles-là, on aurait vite fait de la Légion un collège d’enfants de troupe ! »

 

Les voilà ! les voilà ! Ce sont eux ! 

La Légion, on peut bien le redire, fut le « clou » de la revue

 C’est en fait la foule parisienne qui clôt la polémique, par son extraordinaire ovation le 14 juillet 1939 lors du 1er défilé de l’histoire de la Légion étrangère en képis blancs sur les Champs Elysées. La Légion étrangère avait certes déjà défilé à Paris pour la fête nationale, mais jamais sur les Champs Elysées. A l’issue de la campagne d’Italie, le défilé du 14 août 1859, se déroule de la Bastille à la place Vendôme ; celui du 14 juillet 1917, sur le cours de Vincennes où le Régiment de marche de la Légion étrangère arbore pour la 1ère fois la fourragère de la médaille militaire, nouvellement créée. La Légion ne participe pas au défilé de la victoire après la Grande Guerre.

 Pour ce célèbre 14 juillet 1939, laissons parler la presse de l’époque. Le journal « Vu » est dithyrambique : « La Légion, on peut bien le redire, fut le « clou » de la revue. Après avoir follement acclamé les soldats anglais, ceux de l’Empire et les nôtres, il semblait que la foule immense n’aurait plus de voix, lorsque, soudain, après un grand trou de silence, on entendit des éclats de cuivres qui la firent frissonner. « Les voilà ! les voilà ! Ce sont eux ! » Puis on se tut… Alors, on vit s’avancer une troupe massive, sombre, vêtue de kaki délavé, coiffée de képis blancs cabossés mais recouverts du bout de toile blanche que chaque légionnaire, où qu’il soit, trouve le moyen de laver et de repasser. Les visages étaient durs, brûlés, creusés de rides, mais les torses se bombaient, les jambes se raidissaient, et les têtes hautes regardaient la foule avec un dédain superbe… Ils marchaient lentement, lourdement, prenant possession du sol chaque fois qu’ils y posaient le pied, comme des hoplites pesamment armés, entraînés par le rythme large et puissant qui roulait sur les tambours et se cuivrait dans les clairons. Un moment interdite, par la beauté âpre et par l’impression de force qui se dégageaient de ces hommes ne paraissant faire qu’une seule masse, qu’un seul bloc, la foule se mit à hurler soudain – l’expression n’est pas trop forte- « vive la Légion ! » Cependant, sous cet ouragan de bravos et de vivats, ils passèrent impassibles, fiers et crispés, le menton en avant, sans daigner regarder ni les drapeaux, ni les femmes qui les couvaient des yeux. »

 Nombre d’entre eux tomberont au champ d’honneur sur le front de France, dans la neige de Norvège, dans les sables d’Afrique, et jusqu’en Italie et en Allemagne. Parmi eux, parmi tant d’autres, à la tête de sa compagnie, un prince géorgien qui ne deviendra Français que quelques mois plus tard : le capitaine Amilakvari.

 Ce triomphe du képi blanc clamé par la population parisienne se renouvelle le 2 avril 1945, où une compagnie d’honneur du RMLE défile en képi blanc et est follement acclamée, alors que la compagnie de la 13e DBLE qui la suit en bérets kaki n’attire qu’une attention polie. Trois mois plus tard, pour le 14 juillet de la Victoire, la 13 coiffe le képi blanc et est alors acclamée à la hauteur de son sacrifice de cinq années de guerre ininterrompue.

 Depuis, chaque année, dans un rite immuable de communion avec la foule, le légionnaire est fier de porter devant la Nation son képi blanc, signe de son service de la France avec honneur et fidélité.

 

  Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°801)

 

 

[AGENDA] Septembre 2017 - La «Réserve du Général», nouveau vin de la Légion

La « Réserve du Général », vin de garde, AOC Côtes de Provence, porte en lui la tradition de la légion, le respect du sol, et  la maîtrise des pratiques.

Publié le 23/07/2017  DRP

 

La tradition de la légion, le respect du sol, et  la maîtrise des pratiques.

 

La nouvelle « Réserve du Général » est un vin du  « Domaine Capitaine Danjou » ; propriété de la Légion étrangère sur les contreforts de l’imposant massif calcaire de la Montagne Sainte Victoire (commune de Puyloubier), terre de prédilection des AOC Côtes-de-Provence. Elaborée à partir des meilleurs assemblages de la récolte 2015, à partir de mourvèdre aux côtés des traditionnels cépages syrah et grenache, elle a été mise en bouteille après les fêtes de Camerone, en mai 2017.

 

 

 

Elle est le fruit du travail de la Légion associé aux conseils de bénévoles, propriétaires de grands crus bordelais et d'un œnologue réputé. Vinifié dans des cuves distinctes de la cave coopérative du mont Sainte-Victoire, ce vin est élevé douze mois en barrique.

En septembre, le général commandant la Légion présentera officiellement cette cuvée dans les salons du Château de la Demande à Aubagne, à l'occasion d'un coquetèle privé. Ce vin de garde sera disponible au Domaine, ou par correspondance - en étui cartonné individuel ou par trois bouteilles en caissettes en bois avec sérigraphie à chaud - dans la boutique Légion.

Ce vin est le vin de la solidarité de la Légion étrangère. Le travail des vignes est réalisé, pour partie, par des anciens légionnaires hébergés au sein de l’Institution des Invalides de la Légion étrangère (IILE) installée au sein du Domaine. Les produits de la vente servent exclusivement à financer l’entraide et la solidarité de cette institution.

  

AOC Cotes de Provence

 

Les Vins de Provence sont des vins issus d’assemblage, très ancienne tradition et technique vigneronne, qui consiste à vinifier séparément chaque cépage, pour assembler ensuite les vins obtenus. Cette pratique permet de disposer de vins équilibrés, présentant les qualités de chacun des cépages.

Le vignoble s'exprime sous un climat aux nuances légèrement continentales. Protégé au sud des influences maritimes par les Monts Auréliens et le massif de la Sainte-Baume, il couvre les coteaux de la haute vallée de l'Arc. La barre rocheuse de la Sainte-Victoire affirme ce micro climat continental et atténue quelque peu la vivacité du Mistral qui peut cependant y souffler très fort en protégeant les vignes des attaques des parasites. Le vignoble des Côtes de Provence est considéré, par l'action asséchante du Mistral, comme l'un des plus naturels de France. Les sols pauvres et peu profonds, formés de calcaires et de grés argileux, portent un vignoble de qualité : de grands vins rouges friands ou charpentés et généreux ainsi que des rosés de classe aux arômes subtils.

 

 

Les cépages

LA SYRAH

Ses petites baies noires aux reflets bleutés donnent des vins solides et colorés, rudes les premières années car riches en tanins, mais particulièrement aptes à un vieillissement prolongé. Avec les années, son évolution apporte au vin des notes caractéristiques de vanille, de havane et de fruits rouges confits

LA GRENACHE

Ce cépage originaire d'Espagne, très employé dans les Coteaux d'Aix-en-Provence, donne aux vins jeunes des arômes élégants de petits fruits rouges, puis, avec l'âge, il évolue vers des notes plus épicées et animales. Il apporte alors au vin du gras, de l'ampleur et de la puissance.

LE MOURVÈDRE

Ses petits grains serrés préfèrent les terroirs chauds et calcaires. Ce cépage à maturation lente - qui aime regarder la mer pour mûrir convenablement - donne des vins charpentés aux tanins fins et bien affirmés exprimant dans leur jeunesse des arômes de violette et de mûre. Son velouté et sa souplesse, accompagnés de notes caractéristiques d'épices, de poivre et de cannelle, se révèlent après plusieurs années de vieillissement en cave.

Droit Légion étrangère 2017©BRN

 

Le KB-Mag : «Marque particulière : grand esprit de famille»

"On le prendra comme on voudra mais, dans une certaine mesure la terre tourne à l’ombre du képi blanc." C'est avec cette formule provocante que le capitaine Gheysens, premier rédacteur en chef du magazine képi blanc, annoncait la parution du premier numéro de cette institution qu'est devenu ce mensuel de la Légion étrangère. La volonté est d'en faire une lettre de famille plus qu'un journal de communication. Aujourd'hui encore, le légionnaire engagé au Mali prend des nouvelles de son camarade stationné à Mayotte... c'est ainsi que la terre tourne encore !

Baptême au champagne

 

Fin novembre 1946, le capitaine Gheysens, officier chargé du service de l’information du Dépôt commun des régiments étrangers, trouva dans un dossier revenant du chef de corps, le colonel Gaultier, une note de ce dernier lui demandant d’envisager la création d’un journal à caractère légionnaire. Son premier réflexe fut de classer cette note, à la suite de quelques autres, dans un dossier sur lequel était calligraphié un mot pourtant très simple, mais lourd d’espoirs et de projets : « Instance ». Mais quand deux semaines plus tard, une autre note du colonel Gaultier vint lui demander si le journal était susceptible de paraître dans quinze jours, c’est-à-dire pour le 1er janvier 1947, le capitaine Gheysens, assisté seulement d’un sous-officier, comprit l’urgence de la mission donnée. Quatre mois plus tard, le 30 avril 1947, grâce aux conseils de l’Echo d’Oran qui fournit également le papier, et à l’aide de la Maison Roidot qui mit à disposition son matériel d’imprimerie, naquit le 1er numéro de Képi blanc, tiré à 15 000 exemplaires et expédié sur les cinq continents ; cette naissance fut baptisée au champagne.

 Pour le cinquantenaire le rédacteur en chef édita l’acte d’engagement suivant :

« L’an mille neuf cent quarante-sept, le 30 avril, s’est présenté devant nous, colonel Gaultier, chef de corps du Dépôt commun des régiments étrangers, M. Képi blanc, exerçant la profession de Journal d’information de la Légion étrangère, résidant à Sidi-Bel-Abbès, fils du capitaine Gheysens, ... Constatant que M. Képi blanc n’est atteint d’aucune infirmité, qu’il réunit la taille et les autres conditions requises pour servir dans la Légion étrangère,… Nous, intendant militaire… avons reçu l’engagement de M. Képi blanc, lequel a promis de servir avec honneur et fidélité pendant une durée indéterminée, le contractant a promis également de servir le corps ou toute fraction du corps partout où il conviendrait au gouvernement de l’envoyer. Lecture faite à M. Képi blanc du présent acte, il a signé avec nous. Signalement de M. Képi blanc : 64 pages, taille d’un mètre 21x29,7. Poids : 0,210 kg. Marque particulière : grand esprit de famille. »

 

Le KB Mag à 70 ans

 

Képi blanc vient de fêter ses 70 ans à Camerone et son 800ème numéro parait ce mois-ci !  70 ans, soit la durée des jours d’un roi selon Isaïe, le cours ordinaire de la vie humaine selon le psalmiste, ou bien le symbole de la régénérescence dans l’Egypte antique. Cela pour illustrer la maturité, la sagesse et la pérennité de l’œuvre lancée par le capitaine Gheysens. C’est à lui que ce numéro de Képi blanc est dédié.

Officier Saint-Cyrien au rayonnement extraordinaire, qui commença sa carrière chez les tirailleurs tunisiens, le capitaine Gheysens rejoignit la Légion en 1939, et fut fait chevalier de la Légion d’honneur au feu comme commandant de la 3ème compagnie du 11ème REI. Prisonnier au camp de Lübeck, il retrouva la Légion étrangère après la guerre, appelé à y servir à nouveau par le colonel Gaultier qui l’avait connu au feu au 11ème Etranger. On le décrivait comme « pétri d’esprit et de finesse, fantaisiste mais énergique, passionné malgré un fort esprit critique, réalisateur obstiné bien qu’affichant volontiers un peu de scepticisme et pas mal de dilettantisme, ouvert à toutes les formes d’art… ». Il sut s’entourer d’une équipe solide pour créer le journal : le sergent-chef Dauxy, ancien préfet, un certain Deville qui signait ses articles sous le nom de Deschamps par dérision ou par humour, « homme pourri d’esprit, d’une haute culture historique et rédacteur de grand talent » dira de lui le général Hallo. Il y avait aussi Brainois, un agrégatif de grec. Plus tard, l’équipe s’agrandit encore avec un légionnaire grand prix de Rome, et d’autres légionnaires dessinateurs dont l’un finira premier décorateur de l’opéra de Paris. Ces hommes de talent restaient légionnaires : après son temps de rédacteur en chef, le capitaine Gheysens partit pour l’Indochine où il fut tué au combat en mars 1950. Quatre ans après, en juillet 1954, le sergent Mairken, premier reporter de Képi blanc envoyé en opération et son photographe le sergent Mirka tombèrent également au champ d’honneur au Tonkin. Ils furent parmi les tous derniers légionnaires tués en Indochine.

 

Un organe de liaison entre tous les légionnaires qui servent dans l’Empire

 

Les principes fondamentaux de Képi blanc ont clairement été énoncés par le capitaine Gheysens dans son éditorial du premier numéro de Camerone 1947 : « un organe de liaison entre tous les légionnaires qui servent dans l’Empire et tous les anciens légionnaires épars dans le monde est une nécessité qui se fait sentir. On le prendra comme on voudra mais, dans une certaine mesure la terre tourne à l’ombre du képi blanc. « Pas moins-se » comme on dit au Détachement de Légion étrangère de Marseille. Un organe de liaison, un journal, si je puis employer ce mot pour une publication qui ne sera que mensuelle, un journal, donc, qui racontera à Tong ce qui se passe à Taroudant, à Ouargla ce que l’on pense au Ke, un journal qui permettra à toute la Légion de savoir ce qui se passe dans toute la Légion… Un journal qui serait la lettre de famille. Un journal à la hauteur de cette grandiose Famille qu’est la Légion…»

Aujourd’hui encore, c’est bien le grand esprit de famille, la marque particulière signalée sur l’acte d’engagement de Képi blanc, qui donne toujours son sens à notre si belle revue. Car Képi blanc, en plus d’être un vecteur de la communication de la Légion, est aussi une œuvre de la solidarité légionnaire : les recettes des abonnements participent directement au bon fonctionnement de l’Institution des invalides de la Légion étrangère.

Le capitaine Gheysens terminait son premier éditorial en ces termes : « Voilà donc Képi blanc, il doit coiffer toute la Légion, c’est-à-dire qu’il doit être magnifique – indispensablement. Il le sera si vous nous aidez tous. » Pour ce soixante-dixième anniversaire et ce 800ème numéro, rendons hommage à cet officier magnifique, tombé au champ d’honneur à Don Giap en Indochine en criant « Vive la Légion ! », alors qu’il allait au-devant d’un partisan blessé. Aidons-le ! Aidons Képi blanc ! Aidons l’équipe de Képi blanc d’aujourd’hui qui fait son maximum pour poursuivre l’œuvre lancée par le capitaine Gheysens !

Que chaque lecteur s’abonne à Képi blanc, si ce n’est déjà fait, et qu’il y abonne deux amis, voisins ou camarades. Pour le capitaine Gheysens, et pour la solidarité Légion d’aujourd’hui !    

 

  Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°800)

 

«Bébel» sous le képi blanc de la Légion étrangère

Amitié de "têtes brûlées", Belmondo se voit remettre son Képi Blanc par le Général Jean Maurin, commandant la Légion étrangère. La cérémonie intimiste a lieu dans la salle d'honneur du Musée, à l'occasion de la visite de l'exposition temporaire  "Légion et cinéma", dont l'acteur est le parrain.

Publié le 29/06/2017  | DRP

 

Vous êtes entré dans l'histoire de la Légion par le cinéma

 

L'icône du cinéma d'action à la française, l'acteur cascadeur, la tête brûlée du cinéma, a reçu  l'hommage des légionnaires à Aubagne, Maison Mère de la Légion près de Marseille, lors de sa visite de l'exposition que propose le Musée de la Légion sur le thème : "Légion et cinéma, quand le 7ème art s'empare du képi blanc", dont l'acteur est le parrain.

"Vous êtes entré dans l'histoire de la Légion par le cinéma": c'est en prononçant ces mots que le général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère a remis le képi blanc à l'acteur. Celui qu'on qualifiait de "sale gueule" plus jeune a conservé, à 84 ans, son sourire éclatant, sa gueule de boxeur et son regard enjoué : "Ca me rappelle de bons souvenirs", lance-t-il devant les très nombreux légionnaires venus l'accueillir.

Face au monstre du cinéma, les légionnaires ne cachent pas leur joie de rencontrer la star de la Nouvelle vague, qui se prête au jeu des autographes ou des photos de groupe.

 

 

Comme un clin d'oeil à la dernière scène des Morfalous, les légionnaires entourent Belmondo pour une photo souvenir avec celui qui a représenté la jeunesse bagarreuse, et une certaine insolence pleine de cet esprit français qui parle aux légionnaires. C'est sous les "Hourra !" que l'acteur serre les dernières mains avant de passer à la visite de l'exposition.

Dans les allées du musée, l'acteur - entouré du comédien et ami Charles Gérard, du fils d'Henri Verneuil, et de quelques proches - découvre cette exposition, qui jusqu'au 27 août retrace les liens entre ces deux mondes - des acteurs et réalisateurs qui sont passés par la Légion, aux films qui évoquent cette institution militaire. Sur les murs, il relit avec malice quelques unes des répliques de ses films qui y sont gravées. Comme cet échange avec Marie Laforêt, dans les Morfalous :

"- Et vous vous êtes engagé comme ça ?
- Oui madame
- Pourquoi le Légion ? Vous n'êtes pas allé au plus facile.
- Je suis allé au plus propre"

 

Belmondo dans "Les Morfalous" - 1984

 

Dans "Les Morfalous", réalisé par Henri Verneuil en 1984 et écrit par Michel Audiard et Pierre Siniac, "Bébel" campait justement un légionnaire, le sergent Pierre Augagneur, qui doit avec cinq compagnons récupérer des lingots d'or dans une banque en Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale pour les mettre en lieu sûr.

 

 'Y a Bébel à la télé'

 

"Je suis fan", avoue des étincelles dans les yeux le Caporal-chef Franco, 40 ans, égrenant les nombreux films qu'il a vus de lui, dont "Les Morfalous" ou "Les Infidèles".

"En le voyant ce sont des souvenirs que je retrouve, ceux avec ma maman quand le soir elle me disait: + Ce soir y a Bébel à la télé+", se souvient-il ému, comptant offrir à sa mère le képi dédicacé.

Le Caporal-chef Michaël songe, lui, "mettre la photo et le képi dédicacés dans le salon" en hommage à ce "bon acteur, grande star du cinéma connue notamment pour ces films qui représentent la Légion".

Matthieu est officier, il fixe Belmondo quand ce dernier signe l'autographe sur l'affiche de l'exposition qu'il lui a tendu. Un sourire de l'acteur et c'est le surgissement de toute une émotion de jeunesse "on n'allait pas au cinéma voir un film, on allait voir le dernier Bebel. En sortant de la salle on se répetait les répliques fulgurantes qu'Audiard avait cisellé pour Belmondo. On les notait sur un carnet. Il aura injecté l'idée d'aventure dans le souvenir de toute une jeunesse ainsi qu'un certain sens du panache." 

 

Dans la continuité

 

Après avoir été au Cinéma l'Eden (plus vieux cinéma du monde à la Ciotat) - où un fauteuil portera désormais son nom - puis à la Légion étrangère, Jean-Paul Belmondo se rendra au Château de la Buzine à Marseille, fameux "Château de ma mère" cher à Marcel Pagnol.

S'y déroulera le vernissage de l'exposition "Il bel mondo di Belmondo" que l'acteur inaugurera en compagne de plusieurs de ses amis, dont Charles Aznavour (qui a également joué le rôle d'un légionnaire dans  'un Taxi pour Tobrouck'), Charles Gérard, Robert Hossein ou Michèle Mercier. C'est une invitation à découvrir des photos issues de la collection personnelle de l’acteur ainsi que des pièces liées aux rôles qu’il a tenus.

 

Droit Légion étrangère 2017©BRN

 

 

La famille Légion autour de ses blessés !

La Légion n'abandonne jamais ses blessés car elle porte en elle la marque de chacune de leurs blessures, et quand un légionnaire est blessé, c’est toute la Légion qui saigne

 

Publié le 19/06/2017 à 08:18 | DRP

 

Depuis toujours la Légion étrangère a pris soin de ses blessés. Dès ses débuts, en 1833, elle mit en place en Algérie française, des centres de repos pour accueillir ses nombreux malades et blessés au cours des différentes conquêtes qu’elle menait sur tous les fronts. En 1934, ému par l’errance d’anciens légionnaires médaillés, cités, blessés, lorsqu’il débarqua un jour à Marseille, le général Rollet créa la Maison du légionnaire d’Auriol. Dans le même temps, d’anciens légionnaires aidèrent, de leur propre initiative, leurs camarades après leur réforme. En 1954, la Légion étrangère acheta le Domaine du Capitaine Danjou, à Puyloubier, et y installa l’Institution des invalides de la Légion étrangère pour l’accueil des nombreux blessés d’Indochine, puis d’Algérie.

 

 

En 2010, dans ce même esprit de solidarité et de gratitude, le général Alain Bouquin, alors commandant la Légion étrangère, décida d’instaurer une journée des blessés de manière à imposer à tous les régiments de Légion, au delà de leur rythme d’opérations et de leurs entrainements, un moment privilégié pour avoir une pensée vers les blessés qui, venus de très loin pour certains, avaient été victimes de leur devoir en servant la France et portaient dans leur chair les marques de leur courage, de leur loyauté et de leur détermination. Cette première journée des blessés de la Légion étrangère eut lieu à Aubagne, le 10 septembre 2010. C’est au cours de cette même période que fut créée la Commission de suivi des blessés de la Légion étrangère (CSBLE)[1], qui répondait au double objectif de mettre en place la structure d’un conseil de famille qui veille sur les siens, et de répondre à une directive du CEMAT relative au suivi des blessés.

 

Aujourd’hui, le parcours du blessé légionnaire s’inscrit pleinement dans celui de l’armée de Terre et en étroite liaison avec le Service de santé des armées et autres organismes compétents. La Légion étrangère apporte, en amont, mais aussi dans la longue durée, un appui complémentaire qui intègre la spécificité des militaires « servant à titre étranger ».

 

 Témoigner collectivement notre attention à tous nos blessés

 

Cette année, la Légion étrangère participe donc, en parfaite symbiose avec l’armée de Terre, à la première édition de la Journée nationale des blessés qui se déroulera le 23 juin. Cette manifestation, sous l’impulsion du général BOSSER, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), vise à marquer une pause en cette période de fortes sollicitations qui pèsent sur l’armée de Terre : « J’ai souhaité que soit organisée chaque année, à la date anniversaire de la bataille de Solférino (1859), une journée nationale des blessés de l’armée de Terre. Cette journée n’est pas un événement de communication destiné à récolter des dons. C’est véritablement un temps d’arrêt et de rassemblement pour marquer collectivement notre attention à tous nos blessés ».

 

Pour le général COMLE, cette journée a plusieurs objectifs. Il s’agit avant tout de réaffirmer notre considération pour tous nos blessés en sensibilisant la communauté ″des Armées″, et plus largement nos concitoyens, sur le sacrifice de ces hommes servant la France à titre étranger. Cette journée est aussi un moment choisi pour mettre en lumière la cohérence, la complémentarité et la nécessité de toutes les différentes contributions extérieures et expliquer, à tous, l’action particulière d’accompagnement qu’offre la Légion au nom de son code d’honneur « Tu n’abandonnes jamais tes blessés » (Article 7). Chacun doit savoir que quoiqu’il advienne, il ne sera jamais seul.

 

En 2010, le général Bouquin disait à ses blessés : « Etre avec vous aujourd’hui, c’est aussi une manière pour moi de partager votre peine, vos difficultés, votre douleur, et parfois votre chagrin ou votre inquiétude, provoqués par ces blessures souvent irréparables qui vous ont touchés au plus profond de votre chair. Aujourd’hui, je suis là également pour vous témoigner la gratitude, le soutien et la solidarité de notre institution. Pour vous rappeler, très simplement, que la Légion ne vous abandonnera pas, car elle porte en elle la marque de chacune de vos blessures, et quand un légionnaire est blessé, c’est toute la Légion qui saigne. Pour vous assurer que, quoi qu’il arrive, dans cette étape difficile de votre vie, vous pouvez compter sur nous à chaque instant ». C’est cet écho que l’on retrouve dans les propos du général Maurin, commandant la Légion étrangère, à l’occasion de cette 8ème journée des blessés de la Légion étrangère : « Que cette journée soit dédiée aux légionnaires qui ont été meurtris dans leur chair, pour le service de la France, afin de leur donner un courage d’espérance ».  

 

Exercice d'évacuation sanitaire au Niger

Le contact du régiment

 

Après le « sauvetage au combat » ou l’alerte médicale - réalisés par le binôme, le chef de groupe ou le chef de section - puis la prise en charge médicale dans l’immédiateté de la blessure, vient le suivi du blessé. Le soutien commence  souvent par les visites qui sont faites dans les hôpitaux auprès de ceux qui sont en soins opératoires. En l’absence de la famille, ces visites sont primordiales et sont réalisées par les légionnaires et les cadres du régiment. Elles permettent au légionnaire blessé d’exprimer ce qu’il vit et de se faire aider par ses camarades, pour toutes ces choses inhérentes à une hospitalisation d’urgence. Chacun met un point d’honneur à ne pas laisser seul un légionnaire blessé. Ces visites durent tout le temps de l’inaptitude ou l’hospitalisation de proximité du blessé, à raison d’une visite quotidienne ou hebdomadaire. Le GRLE du fort de Nogent prend à sa charge les visites des blessés évacués dans les hôpitaux militaires parisiens.

 

La solidarité et l’accompagnement

 

Si les premiers acteurs, en particulier au cours des opérations, sont les spécialistes du service santé et les régiments, le commandement de la Légion étrangère (COMLE) entre, dès les premières heures, dans le processus de gestion du blessé et de sa famille, au titre de la Solidarité Légion et de la politique générale d’accompagnement du blessé.

Véritable tour de contrôle des blessés de la Légion, la Commission de suivi des blessés (CSBLE) est le rouage essentiel pour faire fonctionner une machine aux multiples acteurs. Créée en 2011, dans le contexte de la redéfinition des missions de la CABAT, elle gère aujourd’hui près de 560 blessés, en parfaite coordination avec la CABAT. La CSBLE est comme un conseil de famille qui se retrouve autant que nécessaire pour accompagner chaque cas, au fil des épreuves qui constituent souvent le long parcours du blessé. 

 

 

Dans un premier temps, elle coordonne les services internes au commandement de la Légion étrangère (division sécurité, division RH) afin d’avoir un dossier « rectifié de situation militaire ». Il s’agit plus clairement de confirmer la filiation parentale du blessé, son état civil, sa situation familiale (enfants, mariage, etc…) et de prendre contact avec la famille. Puis, simultanément, le Foyer d’entraide de la Légion étrangère (FELE) prend à sa charge la médiation avec les différents acteurs afin de coordonner rapidement les procédures de prise en charge financière du blessé. Il s’agit, souvent dans l’urgence, et via les attachés de Défense des ambassades, de permettre à la famille de bénéficier d’un visa réglementaire, d’un transport, d’un accueil et d’un hébergement au plus près du blessé. Enfin la CSBLE, intègre tous les acteurs extérieurs dans le dispositif d’accompagnement pour permettre à chacun de trouver sa place, entre les régiments, le Service de santé des armées, les bases de défense, les associations et l’armée de Terre.

Tout blessé, dès lors qu’il bénéficie d’une interruption médicale de service de plus de trente jours, est intégré dans ce programme de prise en compte. Même lorsqu’il aura repris le service, qu’il sera reformé ou reconverti, il restera sur les comptes de la CSBLE. Il peut ainsi la solliciter à tout moment pour bénéficier d’un soutien : financement d’un appareillage, hébergement temporaire ou définitif au sein de la Maison du Légionnaire, à Auriol ; ou dans le Domaine du Capitaine Danjou, à Puyloubier, qui abrite l’Institution des invalides de la Légion étrangère (IILE).

La CSBLE ne se substitue pas au parcours mis en place par l’armée de Terre. Elle vient, en complément de la CABAT, apporter la solidarité Légion aux hommes qui ont été blessés en servant la France à titre étranger. La Légion le fait au nom de son code d’honneur, de la solidarité et de la reconnaissance qu’elle a vis-à-vis de ces hommes.

Et la Légion étrangère, pour ces hommes-là, quand la blessure conjuguée avec l'âge se rappellera à eux, ouvrira les portes de son Domaine du capitaine Danjou au pied de la Montagne Sainte Victoire, pour les accueillir.

 

Le 1er régiment étranger, le bras « armé » du COMLE

 

Dans le parcours du légionnaire blessé,  dès lors qu’il dépasse les 120 jours d’interruption de service pour motif médical, l’étape d’affectation au 1er régiment étranger est incontournable. Le blessé quitte son régiment tout en restant au sein de la Légion étrangère. Il y poursuivra ses soins médicaux, sera visité par le personnel de la compagnie administrative du personnel de la Légion étrangère (CAPLE), y effectuera sa convalescence au Centre des permissionnaires de la Malmousque (CPLEM) jusqu’à son affection en régiment, sa réforme médicale ou son départ vers une reconversion.

Le 1er régiment a repris la  fonction du Dépôt commun des régiments étranger (DCRE), dissous en 1955, et qui avait pour mission  la gestion des effectifs et coiffait les services administratifs et les compagnies de passage. « Une fois le blessé en congé longue maladie ou congé pour longue durée maladie (CLM/CLDM), nous prenons son dossier en charge. Nous ne nous substituons pas au médecin, à l'assistante sociale, ou au responsable RH, mais nous sommes un peu tout ça à la fois. Nous sommes en contact avec tous ces intervenants pour orienter le blessé vers la bonne personne ou le bon service. Il est important pour nous de faire en sorte que nos blessés puissent bénéficier de tous leurs droits. », explique le chef de la section d’administration des isolés.

 

La solidarité, le supplément d’âme de la Légion

 

La solidarité n’est pas un vain mot à la Légion étrangère, elle est gravée dans le code d’honneur que chacun connait par cœur. C’est le supplément d’âme de la Légion étrangère. Elle s’exprime parfaitement dans le soutien que la Légion apporte au blessé au quotidien et dans la durée. C’est sachant cela que chaque légionnaire, militaire servant la France à titre étranger, accomplira sa mission jusqu’au bout, au péril de sa vie et en connaissance du risque de se voir blessé.

 

 

LA JOURNEE DES BLESSES

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#LegionEtrangere #BLSDay #AvecNosBlessés

 

 

[1] Sous son premier nom de commission d'accompagnement administratif et social (C2AS)

 

 Par le lieutenant-colonel Bourban Jean-Philippe

 

Droit Légion étrangère 2017©BRN 

Les 100 ans de Monarcha : Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

Hommage de la Légion étrangère à ce soldat décoré, ce blessé plein de résilience, cet homme plein d’humilité, ce fidèle parmi les fidèles, cet ancien aujourd'hui centenaire, qui a fait le choix de revenir à ses premières amours en étant hébergé au sein du Domaine de la Légion, à Puyloubier.

Publié le 20/06/2017 à 15:45 | DRP

François Monarcha - ancien adjudant-chef de la Légion étrangère

 

 Le doyen de la Légion étrangère a cent ans

 

Il nous le pardonnera certainement, nous fêterons ses cent ans avec un peu d’avance ce 22 juin 2017. François Monarcha, ancien adjudant-chef à la retraite, est le doyen de la Légion étrangère, il est né le 29 août 1917. Il fêtera son centenaire au sein du Domaine du Capitaine Danjou, propriété de la Légion étrangère, installé sur le versant sud de la Montagne Sainte Victoire, celui des vignes et terrain de chasse de l‘aigle de Bonelli. Les oliviers plantés sur les restanques sont plus jeunes que lui… C’est dans ce Domaine que la Légion a installé en 1954, son centre d’accueil pour ses anciens, ses blessés et ses invalides : l’institution des invalides de la Légion étrangère (IILE). Monarcha y est pensionnaire depuis l’année dernière.

 Né en Pologne, il passa quelques années en Allemagne puis sa famille s’installa en France en 1922. La vie est difficile et le jeune François doit commencer à travailler très tôt. Il s’engage à 19 ans dans les rangs de la Légion en se présentant au bas Fort Saint Nicolas à Marseille. Il la quittera vingt ans plus tard, en 1956.

Entre-temps, il aura croisé le général Rollet, figure tutélaire de l'institution et aura participé aux combats de la France Libre. Sous-officier en 1939, il sera nommé chef de section au feu en novembre 1944 à Arcey. Il fut l’un des premiers à entrer dans la ville de Colmar en février 1945 à la tête de sa section... Blessé en avril en Allemagne, il passera dix-neuf mois dans les hôpitaux français pour se refaire une santé avant de rejoindre Sidi-Bel-Abbes, en Algérie française, puis un peu plus tard le Maroc au sein du 4ème régiment d’infanterie. C’est là, le 16 février 1956, qu’il quitte la Légion étrangère. Il continuera de servir la France dans les forces de police des Maghzens marocains, puis après l’indépendance du Maroc, comme coopérant. En 1964, il rentre en France et intègre la Police Nationale où durant neuf ans, il continuera de servir son pays. Il prend sa retraite en 1973. Officier de la Légion d’Honneur et médaillé militaire, il est titulaire de la Croix de guerre 1939/1945 avec étoiles de vermeil et d’argent et a droit au port, à titre individuel, de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1939/1945. Il se retire à Trets, petite citée médiévale située entre la Sainte Victoire et les Monts Auréliens, en plein cœur de la Provence.

En 2015, il est le porteur de la main du Capitaine Danjou, à l’occasion de la commémoration du combat de Camerone, à la Maison Mère de la Légion étrangère à Aubagne. Honneur suprême pour cet homme extrêmement humble.

 

      

 

Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

 

Cette année, autour de lui, s’organise une fête d’anniversaire particulière qui se déroule en plusieurs moments forts. Elle est présidée par le général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère (COMLE). Elle met en avant, ce soldat décoré, ce blessé plein de résilience, cet homme plein d’humilité, ce fidèle parmi les fidèles, cet ancien qui aujourd’hui a fait le choix de revenir à ses premières amours en étant hébergé au sein du Domaine de la Légion, à Puyloubier. « La Légion est une famille, soudée par une mémoire », disait Denis Tillinac lors de sa venue à Camerone, et cette famille, dans ces moments privilégiés, ces moments d’une grande intimité, fait montre d’une humanité puissante et noble.

 Vers 10h00, de jeunes engagés de la 1ère compagnie du 4ème régiment étranger se verront remettre leur képi blanc dans les jardins du château du Domaine du Capitaine Danjou. Rien de plus réconfortant pour cet ancien de voir l’héritage viril  ainsi transmis. Rien de plus initiatique, pour ses jeunes, que de le faire sous le regard humble et apaisé de cet ancien au parcours riche. Suivra une cérémonie au « carré Légion » de Puyloubier avant le retour vers le Domaine. Celui-ci se fera en Half-track  pour l’adjudant-chef Monarcha, qui retrouvera probablement quelques vieilles sensations dans cette autochenille blindée un peu cabossée de la seconde guerre mondiale. Je suis certain qu’il aura une petite montée d’adrénaline, une envie espiègle de crier « en avant », encore une fois. Les invités se dirigeront eux, d’un pas léger, vers le foyer des pensionnaires de l’institution des invalides de la Légion étrangère (IILE), en contrebas du domaine. Là, le général prendra la parole pour une allocution et remettra le cadeau d’anniversaire. Ce moment précédera le pot traditionnel « boudin, vin blanc » qui annoncera le temps de passer au restaurant des pensionnaires, où les tables sont dressées aux couleurs vertes et rouges de la Légion. On y retrouve ce petit air généreux de l’âme française, des dimanches d’été d’autrefois, ses figures symboliques, ses paysages, ses lieux de fraternité animés du chant des cigales et du rire des convives. Le Père Yannick Lallemand lancera les bénédicités, il y aura très probablement quelques chants, quelques verres, quelques regards des jeunes vers l’ancien… de l’ancien vers les jeunes. Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

 

 

Par le Lieutenant-colonel Jean-Philippe Bourban
rayonnement & patrimoine
commandement de la Légion étrangère

 

 

 

 

Droit Légion étrangère 2017©BRN

 

 

Prévention des attentats : la Légion en première ligne, par Henri de Lestapis

A paris, nous avons suivi le quotidien de ces militaires hors normes qui assurent la protection de citoyens. Entre entraînements musclés et contacts amicaux avec la population, la mission de ces légionnaires du 2e REP n'est finalement pas si éloignée de leurs opérations à l'étranger.

Par Henri de Lestapis | Publié le jeudi 15 juin 2017 à 19:14 | VSD

Montmartre. 10 h 30. Béret vert rabattu sur le sourcil et flingue en pogne, quatre légionnaires du 2e REP patrouillent, à pas tranquille, en gardant un œil vigilant sur la foule. Place Jean-Marais, à l’ombre de l’église Saint-Pierre, une ravissante violoncelliste, sébile à ses pieds, interprète avec brio un Prélude de Bach pour les marées de touristes qui affluent. L’un des soldats, à l’âme un peu vagabonde, marque le pas devant la musicienne, qui échange avec lui un court regard. Lâchant volontairement une fausse note, elle quitte soudain sa partition et se met à jouer la mélodie d’Opium ; une berceuse païenne, un ovni dans le répertoire des chants réglementaires, que les soldats entonnent parfois entre eux loin des places d’armes, lorsqu’ils sont en proie à la nostalgie. Il y est question de rêves et d’amours impossibles... Ému et surpris par cet hommage complice, le légionnaire le savoure quelques instants, puis reprend dignement sa marche, un sourire en coin et le cœur gonflé… 

 

 

Le quotidien des militaires de la mission Sentinelle atteint rarement de tels sommets de poésie. Pour ceux qui patrouillent ce matin-là, il a commencé plus prosaïquement à 5 heures, caserne de Vincennes. L’éveil d’une compagnie de légionnaires est un spectacle à ne pas rater. Fini, le clairon ! Nos troupes émergent désormais au son de leur smartphone. Dans les chambres à huit lits, encore éteintes, des ombres chinoises s’agitent dans un brouhaha feutré de draps froissés, ponctué parfois d’un grognement de tanière. Un courageux prend enfin l’initiative d’allumer les néons. Tout n’est alors que pectoraux gonflés, abdominaux en tablettes de chocolat et tatouages virils. Dans ce régiment, où les combattants doivent être au top pour être parachutés sur des théâtres d’opérations difficiles, il n’y a guère de place pour les maigrichons ni les ventripotents. En quelques minutes, les athlètes caparaçonnés de leur gilet pare-balles sont prêts à embarquer, parés de pied en cap : un fusil d’assaut, un pistolet, un poignard pour les plus perfectionnistes. L’abondance de l’équipement laisse songeur. Tout ça pour Montmartre ? « Nous sommes équipés comme partout ailleurs en mission, convainc le lieutenant Baptiste, les armes utilisées lors des attentats montrent qu’il faut cela pour riposter. »

Sentinelle n’est pas une mission prise à la légère, y compris par des guerriers qui ont enduré plaies et bosses au Mali, au Niger, voire en Afghanistan. Elle fait l’objet d’une préparation où les militaires sont sensibilisés aux dangers du terrorisme urbain et formés à une riposte proportionnée. Ensuite, les mesures d’urgence leur sont rappelées régulièrement. En attestent les panneaux d’instructions punaisés sur les portes de leur QG de Montmartre, installé dans l’enceinte même de la congrégation religieuse du Sacré-Cœur. On y voit le profil type du suspect, que chacun doit avoir à l’esprit. Mais, sur la butte, les soldats sont plus souvent confrontés à des cas de délinquance. Notamment de la part des « tresseurs ». Des groupes de vendeurs de bracelets à la sauvette, qui ficellent de force leurs babioles au poignet des touristes puis leur réclament de l’argent. Si ces visiteurs protestent, le ton monte. En effet. Au bout d’à peine cinq minutes de patrouille, deux couples d’Anglais viennent se plaindre aux légionnaires. « Nous constatons tous les jours ces agressions. C’est pas terrible pour l’image touristique de la ville… » susurre un soldat.

 

 

Dans ce même registre de douceurs, il y a quelques semaines, un homme a dégainé un couteau pour menacer sa femme. L’irruption des quatre armoires à glace lui a vite fait lâcher son surin. « Notre rôle est alors de geler la situation en attendant l’arrivée des policiers, avec lesquels nous travaillons étroitement », explique le caporal-chef Oleksander, légionnaire ukrainien. De leur côté, les policiers approuvent la présence des soldats. « Ils ont un armement de guerre que nous n’avons pas en dotation », argumente un fonctionnaire des forces de l’ordre au volant de sa 308 signalisée. Chez les commerçants des alentours, l’appréciation est aussi bonne. « Ils sont très polis et discrets. Des clients les remercient souvent, constate Dominique, la dirigeante d’un restaurant. Comme ils sont étrangers, certains légionnaires retrouvent des compatriotes parmi les touristes. Ils discutent ensemble. Ça crée du lien. »

 

 

Inlassables chariots d’une montagne russe, les sentinelles montent les marches, les descendent, arpentent les ruelles durant toute la matinée. Comme pour marquer la relève, les cloches du Sacré-Cœur sonnent enfin les douze coups de midi. Les soldats reviennent au QG pour tendre le relais à une autre patrouille, qui part à son tour promener en silence ses souvenirs de désert et de baston sur les pavés parisiens. Ce roulement s’étend jusque tard dans la nuit. Moins guerrière qu’une intervention au Mali, la mission est néanmoins fatigante pour les troupes, qui alternent entre journées de patrouille et de caserne. Car à Vincennes les légionnaires ne sont pas comme ceux des albums d’Astérix, qui jouent aux dés vautrés dans l’herbe en attendant la relève. Ils s’entraînent au combat urbain, au corps à corps ou au rappel, selon les festivités concoctées par leurs chefs. « Après cette mission nous pouvons être envoyés rapidement sur un théâtre d’opérations extérieur aux conditions difficiles. Nous ne devons jamais relâcher l’entraînement », explique le capitaine Marc, commandant la 1re compagnie de ce régiment d’élite.

 

 

Alors que leurs frères d’armes sont à Paris, une quinzaine de soldats s’entraînent au corps à corps. Le sergent Marcin, un petit Polonais -trapu qui paraît tout droit sorti d’un taillis de la forêt de Bialowieza, les exhorte à plus d’explosivité. À coups de pied, de poing, les légionnaires s’acharnent contre d’innocents boucliers de mousse. « Ça va. Ils sont bien chauds, là », lâche en souriant l’instructeur, avant de les orienter vers un parcours du combattant en groupe. Une  partie de plaisir dont ils s’acquittent presque en riant. Les ordres sont sans appel, mais le commandement est souple. Parfois, une taquinerie fuse, révélant une confiance bien établie entre les grades. Tous les trois jours, les soldats ont une permission de sortie. Ils en profitent pour visiter Paris, voir des spectacles en bénéficiant d’accès gratuits négociés avec la mairie. Un loisir de courte durée. Retour obligatoire à 23 heures pour les cendrillons en treillis.

[AGENDA] 20 août 2017 - Calvi et les légionnaires parachutistes : 50 ans de destin commun

Du 20 août au 24 septembre, le 2ème régiment étranger de parachtistes organise, à Calvi (Corse) une exposition temporaire sur le thème « Calvi et les légionnaires parachutistes : 50 ans de destin commun ». Une manière de marquer les 50 ans de leur implantation dans cette ville de garnison.

 

 

 Le 2REP propose deux expositions à Calvi

Le 2ème régiment étranger de parachutistes fêtera les cinquante ans de son arrivée à Calvi (1967), après avoir quitté Bou Sfer en Algérie. A cette occasion le régiment organise plusieurs activités.

Il offrira en particulier une exposition de peintures autour du thème « Calvi et les légionnaires parachutistes : 50 ans de destin commun ». Elle se déroulera dans la salle d'exposition de la Citadelle, du 19 août au 24 septembre

En écho, et sur le même thème, une exposition de photographies sera organisée dans le hall d’entrée de la Caserne Sampiero qui ouvrira exceptionnellement ses portes pour cette occasion, de 10h00 à 17h30.

Plusieurs « peintres officiels des armées » et photographes feront le déplacement à cette occasion pour exposer leurs œuvres.

 Les artistes...

Peintres : Paul Anastasiu - Benoît Blary -  Nadine Enakieff (sculpteur)  - Jacques Ernotte - Yong Man Kwon  - Le Général Jean-Claude Lesquer  - Isabelle Maury - Antoinette Nicolini - Evguenii Ponomarev- Jean-Marie Zacchi

Photographes : Patrice de La Perrière - Arnaud de Wildenberg - Hiroki Goda - Jérémy Lempin - la Cellule Audiovisuelle du 2ème REP.

 

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