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Les 100 ans de Monarcha : Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

Hommage de la Légion étrangère à ce soldat décoré, ce blessé plein de résilience, cet homme plein d’humilité, ce fidèle parmi les fidèles, cet ancien aujourd'hui centenaire, qui a fait le choix de revenir à ses premières amours en étant hébergé au sein du Domaine de la Légion, à Puyloubier.

Publié le 20/06/2017 à 15:45 | DRP

François Monarcha - ancien adjudant-chef de la Légion étrangère

 

 Le doyen de la Légion étrangère a cent ans

 

Il nous le pardonnera certainement, nous fêterons ses cent ans avec un peu d’avance ce 22 juin 2017. François Monarcha, ancien adjudant-chef à la retraite, est le doyen de la Légion étrangère, il est né le 29 août 1917. Il fêtera son centenaire au sein du Domaine du Capitaine Danjou, propriété de la Légion étrangère, installé sur le versant sud de la Montagne Sainte Victoire, celui des vignes et terrain de chasse de l‘aigle de Bonelli. Les oliviers plantés sur les restanques sont plus jeunes que lui… C’est dans ce Domaine que la Légion a installé en 1954, son centre d’accueil pour ses anciens, ses blessés et ses invalides : l’institution des invalides de la Légion étrangère (IILE). Monarcha y est pensionnaire depuis l’année dernière.

 Né en Pologne, il passa quelques années en Allemagne puis sa famille s’installa en France en 1922. La vie est difficile et le jeune François doit commencer à travailler très tôt. Il s’engage à 19 ans dans les rangs de la Légion en se présentant au bas Fort Saint Nicolas à Marseille. Il la quittera vingt ans plus tard, en 1956.

Entre-temps, il aura croisé le général Rollet, figure tutélaire de l'institution et aura participé aux combats de la France Libre. Sous-officier en 1939, il sera nommé chef de section au feu en novembre 1944 à Arcey. Il fut l’un des premiers à entrer dans la ville de Colmar en février 1945 à la tête de sa section... Blessé en avril en Allemagne, il passera dix-neuf mois dans les hôpitaux français pour se refaire une santé avant de rejoindre Sidi-Bel-Abbes, en Algérie française, puis un peu plus tard le Maroc au sein du 4ème régiment d’infanterie. C’est là, le 16 février 1956, qu’il quitte la Légion étrangère. Il continuera de servir la France dans les forces de police des Maghzens marocains, puis après l’indépendance du Maroc, comme coopérant. En 1964, il rentre en France et intègre la Police Nationale où durant neuf ans, il continuera de servir son pays. Il prend sa retraite en 1973. Officier de la Légion d’Honneur et médaillé militaire, il est titulaire de la Croix de guerre 1939/1945 avec étoiles de vermeil et d’argent et a droit au port, à titre individuel, de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1939/1945. Il se retire à Trets, petite citée médiévale située entre la Sainte Victoire et les Monts Auréliens, en plein cœur de la Provence.

En 2015, il est le porteur de la main du Capitaine Danjou, à l’occasion de la commémoration du combat de Camerone, à la Maison Mère de la Légion étrangère à Aubagne. Honneur suprême pour cet homme extrêmement humble.

 

      

 

Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

 

Cette année, autour de lui, s’organise une fête d’anniversaire particulière qui se déroule en plusieurs moments forts. Elle est présidée par le général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère (COMLE). Elle met en avant, ce soldat décoré, ce blessé plein de résilience, cet homme plein d’humilité, ce fidèle parmi les fidèles, cet ancien qui aujourd’hui a fait le choix de revenir à ses premières amours en étant hébergé au sein du Domaine de la Légion, à Puyloubier. « La Légion est une famille, soudée par une mémoire », disait Denis Tillinac lors de sa venue à Camerone, et cette famille, dans ces moments privilégiés, ces moments d’une grande intimité, fait montre d’une humanité puissante et noble.

 Vers 10h00, de jeunes engagés de la 1ère compagnie du 4ème régiment étranger se verront remettre leur képi blanc dans les jardins du château du Domaine du Capitaine Danjou. Rien de plus réconfortant pour cet ancien de voir l’héritage viril  ainsi transmis. Rien de plus initiatique, pour ses jeunes, que de le faire sous le regard humble et apaisé de cet ancien au parcours riche. Suivra une cérémonie au « carré Légion » de Puyloubier avant le retour vers le Domaine. Celui-ci se fera en Half-track  pour l’adjudant-chef Monarcha, qui retrouvera probablement quelques vieilles sensations dans cette autochenille blindée un peu cabossée de la seconde guerre mondiale. Je suis certain qu’il aura une petite montée d’adrénaline, une envie espiègle de crier « en avant », encore une fois. Les invités se dirigeront eux, d’un pas léger, vers le foyer des pensionnaires de l’institution des invalides de la Légion étrangère (IILE), en contrebas du domaine. Là, le général prendra la parole pour une allocution et remettra le cadeau d’anniversaire. Ce moment précédera le pot traditionnel « boudin, vin blanc » qui annoncera le temps de passer au restaurant des pensionnaires, où les tables sont dressées aux couleurs vertes et rouges de la Légion. On y retrouve ce petit air généreux de l’âme française, des dimanches d’été d’autrefois, ses figures symboliques, ses paysages, ses lieux de fraternité animés du chant des cigales et du rire des convives. Le Père Yannick Lallemand lancera les bénédicités, il y aura très probablement quelques chants, quelques verres, quelques regards des jeunes vers l’ancien… de l’ancien vers les jeunes. Les flambeaux se transmettent très bien en plein soleil !

 

 

Par le Lieutenant-colonel Jean-Philippe Bourban
rayonnement & patrimoine
commandement de la Légion étrangère

 

 

 

 

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