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Cheyenne Carron présente son film «A jamais fidèle» à la Légion étrangère

Cheyenne Carron a été reçue par le général Jean Maurin, commandant la Légion étrangère, pour présenter son film "A jamais fidèle", pour lequel la Légion étrangère apporte son soutien. A l'issue, elle a bien voulu se prêter au jeu de l'interview.

Publié le 10/03/2017 à 07:45 | DRP

Cheyenne Carron présente ses films dans le bureau du général de division Jean Maurin | 10 mars 2017 | DR

Cheyenne Carron, vous êtes scénariste, réalisatrice, productrice de films, vous avez réalisé votre premier court-métrage « A une Madone » en 2001, à 25 ans. Depuis, vous avez tourné 10 films et en avez deux en préparation, dont « A jamais fidèle » qui aborde la Légion étrangère par le biais du parcours d’un jeune en quête de valeurs authentiques, qu’il finira par trouver à la Légion étrangère. Plus personnellement vous ne cachez pas une enfance qui passe par la Ddass, une adolescence exubérante, une adoption, une conversion au catholicisme vécue comme salvatrice, un cinéma engagé. Pour reprendre une tirade de Marlène Dietrich dans Morocco : « il y a aussi une Légion étrangère pour les femmes ». Votre parcours semble l’indiquer. 

*    *    *

Que raconte "A jamais fidèle" ? Pourriez-vous nous dire, sans toutefois dévoiler l'intégralité de votre film,  quel sera le fil conducteur de cette histoire ?

Cheyenne - Mon film racontera l’histoire d’une transmission entre Henri, un ancien Légionnaire qui a fait la guerre d’Indochine et celle d’Algérie et David, un jeune Français en manque de repéres. David verra en Henri ce que la socièté civile ne lui donne pas, à savoir un modèle, un exemple d’héroïsme. 

 

Pourquoi vous-êtes-vous tournée vers la Légion étrangère, et non pas vers un autre corps d’armée ?

Cheyenne - C’est une histoire un peu personnelle...A 16 ans, la DDASS (je suis pupille de l’état) m’a retirée de ma famille d’accueil  et m’a placée  en foyer d’urgence, je n’étais pas heureuse dans la vie, j’avais besoin d’ordre, d’autorité, de changer d’identité, de trouver une autre famille, alors je suis allée prés de chez moi frapper à la porte du 1er Régiment de Spahis à Valence, je leur ai dit que je voulais entrer dans la Légion et servir mon pays. Là-bas ils m’ont répondu, un sourire en coin, que la Légion ne prennait pas les femmes.  

Alors à 18 ans, lorsque mon assistante sociale m’a dit que je devais désormais me débrouiller dans la vie, et que la DDASS ne m’aiderait plus pour vivre, je suis  allée à Paris pour faire la seule chose qui me plaisait ; du cinéma. Lorsque je me suis mise à écrire “A jamais fidèle”, j’ai repensé naturellement à mes premières amours : La Légion.

Et pour la petite histoire, aprés avoir galèré cinq ans dans une chambre de bonne à Paris, j’ai eu enfin les moyens de m’offrir le loyer d’un studio.. et peu de temps après m’être installée, j’ai découvert que mon voisin du dessus était Pierre Schoendoerffer...

 

 Que souhaitez-vous montrer à travers cette histoire ?

Cheyenne - Dans mon histoire, David ne manque de rien, il vit dans de beaux quartiers, il vient d’une famille cultivée et bourgeoise, il est promu à un bel avenir, et pourtant il ne se sent pas à sa place dans ce monde. David admire Henri qui incarne d’autres valeurs. Il  choisit Henri comme père de subtitution, car son propre père, ingénieur, ne lui inspire que peu de choses.

Henri finira par accorder sa confiance et son amitié à ce gamin, car il verra en lui peut-être le même d’ideal qui l’animait lorsqu’il s’était engagé.

 

Quelles sont les valeurs que vous souhaitez transmettre ? Est-ce un message destiné à la jeune génération ? 

Cheyenne - A travers cette histoire, j’aimerais montrer à quel point ce qui peut sauver un jeune, c’est de  tendre vers un idéal  au-delà de lui, loin du confort et de la facilité,  et s’engager pour quelque chose qui transcende. La Légion, ou l’engagement militaire en général, fait partie de ces possibilités.

 

Par le passé, la critique a qualifié certains de vos films de "cinéma combattant", au regard de votre engagement tant personnel que matériel (financement des films). Aujourd'hui, avec "A jamais fidèle", ajoutez-vous une nouvelle définition, plus littérale, à ce cinéma qui vous caractérise ? 

Cheyenne - « A jamais fidèle » sera mon neuvième long métrage, et je dois dire que pour en arriver là, ça a été un long parcours fait de discipline et de beaucoup de sacrifices... il n’y a pas eu beaucoup de mains tendues. Mes films n’ont jamais reçu d’aide du CNC, ni de régions, je les ai faits chacun à moins de 70 000 euros. Pour la diffusion, peu de salle de cinéma conservent la liberté d’offrir des projections de films s’ils ne sont pas portés par les critiques...  Mais je crois que la presse change aujourd’hui son regard sur ma production et ça devrait lever beaucoup d’obstacles. Vous voyez que par certains aspects, tout ça ressemble un peu à un parcours du combattant !

Après « A jamais fidèle », je ferai un film sur les blessures invisibles dont souffrent parfois les soldats aprés la guerre. Le scénario est écrit. Il s’intitule « Le soleil reviendra ». Je vais devoir travailler très dur pour permettre à ces deux films de voir le jour, ce sera mon combat. Donc mes sujets continueront à porter un regard libre et très personnel, et je n’ai trouvé que le cinéma pour l’exprimer… En ces périodes troubles, cet angle de prise de vue continuera donc à m’exposer.

 

Cheyenne-Marie Carron | 10 mars 2017 | DR

 NB : L'ASAF (Association de soutien à l'Armée Française) lance un appel au dons au profit de Cheyenne Carron, pour lui permettre de réaliser son film "A jamais fidèle" dans de bonnes conditions. 25 €, c’est le montant du don (minimal) qui est demandé à chaque souscripteur. Vous recevrez, à la sortie du film, un DVD personnalisé.

Vous pouvez participer à cette action de soutien en suivant le lien : http://www.asafrance.fr/dons-film.html

En savoir plus sur Cheyenne Carron : http://www.cheyennecarron.com

 

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