01-02-2017 | Ref : 489 | 2579 |

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Remontée en puissance de la Légion étrangère : en cible pour 2018 !

Un point de situation “au milieu du gué” de la montée en puissance de la Légion étrangère. En 2015, la mission fixée, fut de créer pour 2016 une unité de combat supplémentaire dans chacun de ses régiments de métropole. Sur la période 2016-2018, de faire de la 13DBLE un régiment d’infanterie à cinq compagnies. Où en sommes- nous en 2017 ?

La période des voeux est traditionnellement l’occasion de dresser un bilan du chemin parcouru, d’exprimer sa soif d’espérance pour l’année qui s’ouvre, et de prendre de bonnes résolutions pour que l’avenir nous soit radieux : “aide toi, le ciel t’aidera !” dit l’adage populaire. En ce début d’année, je souhaite donc vous faire un point de situation “au milieu du gué” de la montée en puissance de la Légion étrangère.

Le contexte.

Cette montée en puissance est née en 2015 de la volonté politique de donner aux forces opérationnelles terrestres les moyens de tenir leur contrat opérationnel redimensionné pour un engagement dans la durée sur le territoire national. Elle s’inscrit dans le nouveau modèle “au contact” de l’armée de Terre, voulu par le général d’armée Bosser chef d’état-major de l’armée de
Terre : “Avec cette nouvelle organisation, l’armée de Terre met en avant ce qui la caractérise le mieux : le contact, protecteur des Français, agressif avec l’adversaire, pragmatique avec les réalités du monde d’aujourd’hui.”

La mission.

Dans ce cadre, la mission fixée à la Légion étrangère en juillet 2015, fut de créer pour 2016 une unité de combat supplémentaire dans chacun de ses cinq régiments de métropole appartenant à la force opérationnelle terrestre (2e REI, 2e REP, 1er REC, 1er REG et 2e REG), et, sur la période 2016-2018, de faire de la 13e DBLE qui comptait une soixantaine de militaires permanents aux Emirats arabes unis, un régiment d’infanterie, implanté sur le camp du Larzac, à cinq compagnies de combat, une compagnie d’appui et une compagnie de commandement et de logistique, soit plus de 1200 hommes. Fin 2015, les cinq compagnies des régiments de Légion de la FOT étaient créées. La 13e DBLE commence actuellement la formation de sa 4e compagnie de combat. Tout cela a été possible grâce : - au recrutement qui a été à la hauteur des enjeux, sans baisse qualitative malgré une augmentation, par rapport à 2014, de 80% en 2015, et de 70% en 2016. Sur cette période, le taux de sélection est passé de un pour huit à un pour cinq ;

  • à la discipline et à l’attachement au caractère sacré de la mission des offi ciers, sous-offi ciers, caporaux-chefs et caporaux des régiments de Légion, qui ont dû quitter, massivement pour les fantassins et parachutistes, le régiment qu’ils servaient avec honneur, fidélité et coeur, pour constituer l’encadrement des compagnies de la 13, et former, dans les conditions d’hébergement rustiques du camp du Larzac, les jeunes légionnaires sortis de l’instruction ;
  • à la réactivité et à la capacité d’adaptation du 4e Régiment étranger, qui, à effectifs de permanents quasi constants, et grâce aux renforts venant des régiments frères, déjà sollicités par la montée en puissance, a pu absorber la vague des nouveaux engagés volontaires ;
  • à la solidité du statut du personnel servant à titre étranger, à la cohérence de ses quatre piliers (ressources humaines, sécurité, solidarité et patrimoine), qui ont permis cette réactivité : Legio Patria Nostra, Legio Familia Nostra ;
  • à l’exemple de nos ainés, qui en leur temps, et au fi l de l’histoire des régiments de la Légion étrangère, en cultivant l’amalgame entre anciens et jeunes, ont toujours su s’adapter aux restructurations imposées par les circonstances. More majorum !

A vous tous, acteurs de cette montée en puissance qui concerne plus de 2 000 postes de militaires servant à titre étranger, et qui amènera la Légion étrangère en 2018 à un effectif de près de 9 000 hommes, j’exprime ma profonde reconnaissance pour la tâche accomplie et je vous conforte dans votre volonté tenace de créer pour notre Légion de demain un avenir digne du passé construit par nos anciens.

Transformer l’essai.

Après deux années d’efforts portés sur le recrutement et l’instruction des jeunes légionnaires tant à Castelnaudary qu’à l’arrivée dans les régiments, il s’agit désormais et surtout, en 2017, de fi xer la priorité sur la formation des sous-offi ciers, des gradés et des spécialistes. Le 4e Etranger a déjà basculé son effort vers cette priorité. La tâche à accomplir est un vrai défi : en 2017, le 4 va augmenter les volumes de formation d’élèves sous-officiers et d’élèves caporaux de deux tiers, de
spécialités de sous-offi ciers d’un quart, de spécialités de militaires du rang d’un tiers, et de brevets de conduite d’un quart. En remplissant ce plan de formation ambitieux, le 4 permettra à la Légion d’être en cible en qualifications, après le rajeunissement mécanique imposé par la montée en puissance des effectifs.

 Les objectifs de 2017 sont donc simples : après le “En avant la Légion !” lancé lors du début de la montée en puissance, c’est désormais : “Mission inchangée. Effort maintenu. Report de tir sur la formation. En cible pour 2018 !”

Pour cela, faisons nôtres ces mots du Maréchal de Lattre : “Ayez le culte de l’effort, le goût du travail bien fait, la fierté de l’oeuvre accomplie, le sens de la discipline et l’esprit de générosité.” 

 

Par le Général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N° 795)



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